vendredi 24 mai 2002

Évidemment, dès je j'eus terminé d'écrire ma précédente contribution, nous nous précipitâmes, VoisinBouboule et moi à la Piscaille ou tout le monde était charmant, poli et aimable, RIEN QUE POUR ME FAIRE MENTIR. C'est bien simple, on se serait cru au Ritz : "Bonjour", "les dames d'abord", "Au revoir Messieurs dames". On est pas loin du "si votre gente dame veut bien se donner la peine". Il recrute d'anciens grooms du Crillon pour compenser la patibularité des anciens de la Santé.

Concernant, mon voisin, je dois admettre qu'il s'est montré très choqué par mes affirmations concernant son excroissance abdominale. Je précise donc, en guise de démenti, que cette bouée n'est visible que la première semaine de janvier (je vous rappelle que je le vois tous les jours en slip de bain) alors que le reste de l'année, disons le sans détour, il est fort bien fait de sa personne. D'ailleurs notre Boss favorite, qui est notre amie depuis qu'elle ne peut plus espérer être appeler vers un destin ministériel, ne s'y trompe pas et s'est mise à le harceler sexuellement. Mais le bougre n'est pas un garçon facile avec les femmes (surtout celles-la).

mercredi 22 mai 2002

Brasse coulée

Pour la quatrième saison consécutive, mon coloc de bureau et moi-même fréquentons assidûment la piscine qui se trouve tout à côté de notre joli travail. Bizarrement, alors que tous les péquins se précipitent à la piscaille dès qu'il fait beau, nous, nous y allons surtout à la piscine l'hiver, en janvier, quand il fait bien froid et que tu rentres en courant car tu as les cheveux qui gèlent en chemin. Généralement, cet élan hivernal a pour cause une bouboulification structurelle chez moi-même et mon coloc de bureau, lourdement aggravée par les fêtes de fin d'année. Du coup, en janvier, c'est le cri d'horreur : gros cul pour moi et bouée pas sex du tout pour mon coloc. Débute donc un plan anti-bouboule (on en est au 526ème depuis 1998) qui vise à bouter hors de ces lieux, les Macs Do, Sise Kebab (S avec cédille en turc, mais vous me le trouverez sur le clavier Mac les amis) et autres frites-mayo. La piscine par la dessus et nous voilà sylphides et fermes. Lui avec des tablettes de choco sur le bide et moi avec la silhouette de Britney Spears.

Bon, en vrai, la saison qui débute en janvier souffre souvent de quelques interruptions. Il faut dire que les piscines municipales parisiennes, quand elle ferme six mois pour travaux comme l'an dernier (l'été systématiquement), te préviennent 2 semaines à l'avance, si bien que tu peux t'asseoir sur ta nouvelle carte trimestrielle. "Mais vous pouvez aller ailleurs Msieudame, y'a une autre piscine à 15 minutes d'ici". Ben, oui, j'ai une heure pour bouffer le midi mais je vais faire 5 kilomètres en courant, nager une heure dans un bassin de 20 mètres où s'entassent 150 personnes et revenir en courant à ton joli bureau et ce en une heure de temps. Et puis les "cabiniers", terme pudique pour qualifier les repris de justice qui t'ouvrent et te ferment la porte sans jamais t'adresser la parole, sont souvent en grève afin de défendre leurs acquis sociaux. C'est vrai que c'est dur de travailler en tongs et en short toute l'année pour ouvrir des portes à des gens, notamment des ptites pépés en maillot 2 pièces (et pas mal de vielles moches tout de même).

Et puis, il y a parfois des crises de flemme qui se cachent sous toute forme de prétexte : "j'ai du travail" (mais oui!), "j'ai mal au dos" (ou au pied, ou au ventre, ou à l'occiput droit), "j'ai promis à Machine qu'on mangeait Taponais de midi" …

Mais voilà, à l'approche de l'été (et compte tenu du retour de bouboulification de mon voisin de bureau), nous sommes au top de la motivation : 10 longueurs de 50 mètres 3 à 4 fois la semaine. Génial ! À la sortie, on sait pas pourquoi, mais on est fou de bonheur (l'exaltation procurée par l'effort physique). Bon, après c'est sûr que ça roupille sérieux derrière l'écran et vers 17 heures, le Lion Peanuts apparaît à mon voisin, qui lutte, jusqu'au moment fatal où je le vois finir une assiette de magret de canard à 17h30. Sûr que nous serons beau cet été avant la rentrée où l'on se gave de cookies au chocolat blanc Laura Tods et où l'on bouffe des coucous boulettes 2 fois par semaine. Heureusement, le mois de janvier revient tous les ans. Piscine : génial !

mercredi 15 mai 2002

Les yeux dans les Bleus 2 (ou un peu plus bas…)

Hier soir, j'ai regardé la première diffusion du second épisode des "yeux dans les Bleus", le documentaire de Stéphane Meunier sur l'équipe de France de Football. Cela consiste à montrer au bon peuple combien l'équipe est soudée et merveilleuse et surtout super bien managée par Roger Lemaire.
Ce second épisode n'a pas grand intérêt : c'est une succession de séquences incohérentes dans un brouhaha permanent. Et le gros Roger se révèle particulièrement mauvais harangueur : Mémé à côté, c'était un ténor.

Cela dit je me suis bien rincé l'œil. Il faut croire que Bixente Lizarazu (qui s'appelle Vincent comme nous l'avons vu précédemment) se balade toute la journée sans son tee-shirt dans les couloirs des hôtels ou de Clarefontaine. T'as raison mon garçon, mets toi à l'aise et ne te gêne pas pour nous. On a même vu un bout du torse de Karembeu et on comprend comment il a emballé sa grande Slovaque. Footballistiquement parlant, t'apprends rien, mais tu ne perds pas au change. Hou le joli documentaire ! En revanche, le gibbon des montagnes qui exhibe 3 centimètres d'épaisseur de poil sur le dos (Ramé en plus, il est déjà laid) est prié de remettre son tee-shirt. On aime bien le sport mais quand même.

Quant à Zizou, cotisons nous pour lui payer une moumoute. Ce type est trop beau (putain ses yeux verts), mais malheureusement dans 2 ans, il a plus un poil sur le caillou (qu'il en prenne dans le dos à Ramé, par pitié !)

Ca tombe bien qu'on les voit à poil (ou presque, il ne faut pas rêver non plus) car ils n'ont rien à dire (du tout). Mais rappelons que ça n'est pas ce qu'on leur demande. On leur demande de bien jouer au foot, de gagner des matchs et d'être, si possible, Champions et enfin d'enlever leur tee-shirt… pour qu'on évalue mieux leurs performances physiques. Merci les gars.

mardi 14 mai 2002

L'actu du jour ou Coum-Coum à mon travail

Dois-je vous imposer mon commentaire sur l'actualité ? Sur le nouveau gouvernement, je m'abstiendrai. M'en fout complètement de Mam à la Défense et de Sarko à la Sécurité intérieure. Ils auraient pu mettre Bugs Bunny aux Finances, Steevy à l'Éducation nationale ou Devedjian aux Libertés locales, ça m'aurait fait le même effet. Si j'en avais, je vous dirais que ça m'en touche une sans bouger l'autre (ce qui sera la phrase chic de la semaine : nous avons un concours interne à mon travail, de nouveau très calme).

La réaction de Chirac au Stade de France ? Rappelons à nos amis corses que rien ne les oblige à assister à la Coupe de France ni à participer au Championnat. Ils peuvent très bien se contenter des matchs de Ligue corse. Un bon FC Cargèse contre l'Olympique de Sartène, ça c'est du foot. Sans compter que s'ils étaient si nationalistes que ça, ils feraient comme les Basques : une équipe composée exclusivement de joueurs corses de pur souche. C'est le cas de figure de l'Atletico Bilbao, où Bixente (qui en vrai s'appelle Vincent, même problème que les coiffeurs voir article précédent) Lizarazu a pu jouer après un examen approfondi de sa basquitude. Avec ce qu'il nous gonfle depuis des années sur le Pays basque, y aurait plus manqué que l'on s'aperçoive qu'il n'est pas un vrai de vrai.
Alors les Corses ? C'est pour quand cette équipe de vrais Corses ? À Bastia, il n'y a que Patrick Beneforti qui soit un véritable endogène (par opposition aux exogènes, terme utilisé par les nationalistes quand ils ont plastiqué la maison d'un famille de braves agriculteurs originaires de Bretagne venus manger le pain des Corses, par amour pour l'Ile). D'ailleurs sur France Inter, le journaliste sportif de Frequenza Mora qui commente les matchs à Furiani interview toujours Beneforti à la fin des matchs. Y'a que lui que entrave quelque chose sur Frequenza Mora. C'est pas le mauvais gars Patrick, mais c'est pas Zizou non plus. Je crois pour ma part que le nationaliste corse s'arrête là ou commence la première division. Y vont quand même pas se taper des matchs de National avec Pascal Acquaviva et Dominique Rossi, juste pour faire ethniquement correct.

Les malheureux Français de la DCN tués au Pakistan ? Quel outrage à la France ! On ne peut même plus vendre tranquillement des armes de guerre à des pays instables sans risquer des problèmes ! Fauchés dans leur devoir, ces braves hommes n'auront pas la joie de voir l'aboutissement de leur travail : les Pakos foutant une bombe sur la gueule de l'Inde et/ou, en cas de coup d'État, sur la gueule des pays occidentaux. Mais c'est pas grave, quand tout ceci aura dégénéré, on enverra des casques bleus (pour se faire tuer eux aussi).

La victoire de Schumi en Autriche ! C'est un nouvel Anschluss ! Mais la F1 a toujours été un sport de merde. Rappelons nous que les courses continuent même si les cadavres sont encore chaud. Alors l'éthique sportive, tout le monde s'en branle et surtout Schumi qui en a quand même envoyé plus d'un dans le gazon à ses heures.

Non, la vraie news du jour est à mon travail. L'immonde chienne putride qui conspire depuis des années contre les uns et les autres (et moi dans le tas), sans jamais avoir donné le moindre signe de compétence dans ses fonctions, nous quitte pour rejoindre un ministère. Ah comme nous sommes bien gouvernés !

Mes petits collègues ont tous une banane pas possible en travers de la bouche car on lui prépare un beau pot de départ à celle-là (au café du coin, sans elle bien sûre). On est pas loin de la Pena Coum-Coum ici !

lundi 6 mai 2002

Retour sur week-ends

Chers amis,


Voilà fort longtemps que je n'ai pas donné de mes nouvelles sur ce Blog. Mais pendant que le fascisme frappait à notre porte, je suis partie en week-end (du 1er mai) en Bourgogne pour assister au baptême d'un petit enfant, charmant quoiqu'un peu destructeur.

Et la Bourgogne, c'est beau : on y boit du bon vin, on y mange des bonnes choses, on y voit de bien beau paysage et on y vote FN. Pourquoi ? Mystère. Pas de délinquant à l'horizon, pas plus d'un Portugais par village (et encore, il est maçon et il en faut), pas de vraie misère rurale grâce à l'économie viticole, certes en léger recul, mais faudrait pas pousser mémère dans les orties…

En Sud Bourgogne, on peut même pousser jusque dans le Beaujolais et ses adorables petits villages aux maisons de pierre : Pouilly, Solutré… Et, comme Mitterrand, je suis montée en haut de la roche (c'est pas de l'alpinisme non plus, on dirait plutôt la butte Montmartre) sauf que dernière moi, personne de portait un infâme pull jaune poussin (remember Jack Lang dans les 80's).

Voilà un bien beau week-end à la cambrousse (je dors avec mes bouchons d'oreilles car ce silence m'angoisse) pendant que mes camarades manifestaient contre le fascisme, bravant tous les périls. Le premier, et certain n'y ont pas échappé, était de rencontrer notre big boss, qui, malgré son mètre 45 et la présence massive de 800 000 personnes, arrive à détecter ses employés perdus dans la foule. Terrifiant.

Et quand je suis revenue au bureau, j'ai trouvé du travail qui m'attendait. Non ? Si ! C'est pas la mine non plus et en trois jours ce sera plié. Mais je suis tout de même moins dispo pour commenter la conjoncture politique ou les fautes de Français d'Angela du Loft (quand elle n'en fait pas, elle est très classe : "j'me l'nickrais bien" dit elle à propos de David ; charmant). D'ailleurs, je n'ai même plus le temps de regarder, c'est dire si je suis occupée.


Malgré tout, ce dernier week-end fut passionnant, grâce à mes crevettes à l'ail (Hummmmmmmmmm!) et à une bonne finale du championnat de France. Ben quoi, j'aime le foot. C'est pas honteux. J'ai toujours aimé ça car je n'ai pas eu l'éducation réactionnaire que subissent de nombreuses petites filles et qui consiste à leur inculquer que le foot, c'est pour les garçons, et la danse et les poupées Barbie pour les filles. Toute attirance contraire serait interprétée comme un début de déviance sexuelle. Voilà pourquoi, Femme de France, tu ne connaîtras jamais rien de la règle du hors-jeu et voilà pourquoi devant un but refusé quand tu crieras "ouais", ton bourrin de mec gueulera "mais non, t'y connais rien, y'a hors-jeu". Mais je vous en parlerais plus longuement une autre fois.

Et hier dimanche, j'suis allé coller mon bulletin dans l'urne dignement (moi, cf. endive pouffant dans l'isoloir au lieu de se concentrer sur la nature du bulletin à glisser dans l'enveloppe). Vers 19 h, en allumant la télé, les mines n'étaient pas les mêmes que 2 semaines auparavant. Le 21 avril, à 19h15, j'ai zappé sur la 2 (Roswell à perruque blême et au bord de la manger, sa perruque) puis sur la 3 (Gilles Leclerc vert avec un début de paralysie faciale et la ptite Lucet les yeux rouges et exorbités comme un lapin sur la file de gauche de l'autoroute). Deux solutions : soit ils ont TOUS bouffé des sardines pas fraîches à la cantine de France Télévision, soit il y a un problème. Zap sur la Une : aïe ! La Chazal, que l'on ne peut soupçonner de sympathie gauchiste et qui ne mange sans doute pas de sardines, n'en mène pas large non plus (PPDA n'est pas fiable : il est perpétuellement au bord de la dépression). Donc, thèse du problème crédible dès 19h30 et confirmée bien avant 20h.

Alors que le 5 mai au soir, Olivier Mazerolles avait bouffé un cintre pour se taper une banane pareille. On n'a même pas eu l'occasion de se faire du souci tellement la joie était lisible dès le début de la soirée. Sauf pour le malheureux Michael Darmon, envoyé spécial de France 2 chez Le Pen, pour la campagne, mais aussi depuis des années. Ce journaliste rentre dans la catégorie "pour mieux lutter contre l'ennemi, apprend à bien le connaître". Et dans son cas, "fait du camping à Saint-Cloud, comme ça tu sauras exactement à quel moment il te fera monter dans un train roulant au loin vers l'Est". Du coup, il a bien du courage, mais il ne se marre pas tous les jours à baigner dans ce concentré d'antisémitisme. Mais de ça aussi, je vous en reparlerais. En attendant, je piaffe de savoir si Michèle Alliot-Marie sera ministre déléguée à l'Artisanat et aux PME ou secrétaire d'État aux Anciens Combattants. Palpitant…

mercredi 24 avril 2002


Résistance au fascisme et coiffure
ou mon nouveau coiffeur s'appelle Hicham


Je vous avais prévenu : "mon avis surtout" est consacré à mes pensées plus ou moins profondes sur l'état du monde ET la coiffure.
Eh bien, aujourd'hui, pour lutter contre les chemises brunes bientôt sur les Champs, je suis allé chez le coiffeur. J'en avais bien besoin car j'ai miraculeusement décroché un entretien d'embauche, où je vais éviter d'arriver avec une vieille serpillière sur la tête.

Je me suis donc rendue, entre midi et 2, chez le coiffeur Mod's Hair le plus proche de mon lieu de travail. L'endroit grouille de jeunes gens body-buildés et méchés, vêtus de noir (pour faire plus mince), qui vous sautent dessus dès l'arrivée pour "reprendre vos mèches à la racine". Bref, c'est la plus grande concentration de pédés du quartier, et dans mon coin du quinzième, ça n'est pas si courant.

Pour ma part, je choisis toujours de me faire coiffer (ou "reprendre les mèches à la racine") par des gars plutôt que des filles. Les coiffeuses sont méchantes et agressives : elles ont la fâcheuse habitude de vous reprocher pêle-mêle : votre manque de volume, vos racines grasses, vos pointes desséchées, … et vous ordonne sur le champ de pratiquer crèmes et rinçages deux fois par semaine. "Tu crois vraiment que j'ai que ça à foutre, pétasse. C'est pas parce que la coiffure est au centre de ta vie, qu'elle doit envahir la mien." Alors qu'avec les garçons, pas de rivalité du chignon (mais risque de discussion de poufiasse sur la promiscuité des salles de gym ou le dernier album "trop top" de Whitney Houston).

Avant d'y aller, j'interrogeais ma collègue Madame M. (détentrice provisoire de Gros G. le chat qui pue) sur les prénoms possibles de mon futur nouveau coiffeur. Le précédant s'appelait Fabio et m'entretenait longuement sur sa technique d'effilage (Merci de bien lire EFFILAGE). Nous pariâmes donc sur Brian, Bruce, Juan ou Jason (qui en vrai s'appellent tous Didier, Bruno ou Stéphane). Cependant, nous avions négligé la présence (plus pour longtemps) de représentant des minorités ethniques dans la coiffure.

Pendant qu'il rafraîchissait mes pointes desséchées, je pensais qu'il s'appelait Hassan. Pas loin ! Mon nouveau coiffeur s'appelle Hicham (en vrai il s'appelle Mouloud). C'est le moins sexy du salon (le moins too much aussi) et il a eu le bon goût de ne pas m'entretenir de la vie sexuelle des Windsor, de la sortie de Marlène du Loft ou des élections (ben, non ça risquait pas). Et malgré la nonchalance bien connue de ces gens-là et leur propension à négliger la qualité du travail (d'arabe), le jeune Hicham m'a fort bien coupé des cheveux. Il s'est même escrimé pendant plus d'un quart heure, avec sa brosse et son séchoir, dans l'espoir vain me choucrouter. Mais, comme le confirmerait Madame M., je suis inchoucroutable. Cette fois, je ressemble vraiment a Calista Flockhart d'Aly Mac Beal, avec 15 kilos de plus (au moins j'ai une chance d'ovuler un jour, alors qu'elle non).

Je vous informe par ailleurs qu'Hicham m'a donné un carton permettant à "une de mes amies" de se voir offrir un "shampooing-brushing" dans son salon et par ses soins. Je précise à l'intention des amateurs de jeunes maghrébins potelés qu'il ne peut malheureusement. s'agir que "d'une amie".

Je suis donc de plus en plus motivée pour éviter à la peste brune de contaminer le pays. Car il faut les empêcher de renvoyer mon coiffeur Hicham "chez lui", où il y a surtout des chèvres à coiffer (déjà il se sera entraîné sur moi). Un garçon qui vient à bout du paillasson que j'ai sur la tête, ça serait trop bête de l'envoyer en camp.

lundi 22 avril 2002

Proverbes du jour :
"à vouloir plaire à tout le monde, on risque de ne plus contenter personne"
"il ne faut pas mettre la charrue du second tour avant les bœufs du premier"

Hier, dimanche, Lionel nous a quitté. Est-ce une si grande surprise ? La rumeur courait depuis une quinzaine de jours. Il faut dire que Lionel affirmait début mars ne pas être le candidat socialiste. Alors il ramait lamentablement depuis 2 semaines pour dire que "finalement, si, tout bien réfléchi, il était de gauche tout ça". Cata. Comment pouvait-il imaginer rassembler une majorité de Français alors qu'il rassemble avec peine une majorité d'électeurs de gauche ? C'est qu'il faut pas se foutre d'eux les électeurs de gauche. On leur a dit : "mais si m'ssie dames, il a fait des trucs Jospin". Ben en 5 ans, y manquerait plus qu'il est rien foutu. "Pas assez, grand Chambellan" ont-ils répondu. "Faudrait arrêter de vous la péter et venir voir chez nous comment on vit". "Nous, on a nos mômes qui ne trouvent que des boulots de merde, nos retraites dont on ne verra jamais la couleur et y'a plein d'insécurité à Sainte-Gudule-les-Pendules !" Ah bon ? "Ben, oui, ils le disent tous les soirs dans le poste, et même que Chirac y se fait cracher dessus par des extrangers, dans des villes où on est jamais allé, mais c'est des noms qui font peur".

Voilà comment les fiefs de gauche votent Le Pen. Voilà comment de vieux socialistes et ex-communistes (quoi ça ?) finissent à l'extrême droite. Voilà comment des départements comme la Haute-Marne, l'Yonne, l'Aube ou la Haute-Saône bien connu pour la prolifération du crime (1 tentative de vachicide enregistrée à côté de Culmont-Chalindrey en 2001 a fait les gros titres du Journal de la Haute-Marne pendant des semaines "Nos bovins aujourd'hui, et bientôt ils s'en prendront à nos betteraves !") finissent par sombrer dans le ridicule. Même les cul-terreux ont peur car on leur a dit que dans des villes (y z'en ont jamais vu), y'a des arabes (y z'en ont jamais vu) qui brûlent des voitures (y..., si quand même). Alors ils imaginent qu'un jour viendra où les Sauvageons foutront le feu à leur tracteur. Merci Jacques Chirac, merci TF1, merci M6, et merci France Télévision car maintenant toute la France chie dans son froc. Merci tout de même à Lionel qui est tombé droit dans le panneau de la campagne sécuritaire, thématique où il a un bilan exécrable. Plus possible de jouer au foot dans le Val-de-Marne. Plus possible d'annoncer à un candidat au permis qu'il a échoué dans le 9.3. Plus possible d'aller vivre Place des Fêtes ou Porte de la Chapelle. Merci aussi au public de France-Algérie qui a sifflé la Marseillaise, à la grande surprise des joueurs algériens. Merci encore à Lionel qui n'a pas été foutu de "faire de gauche" comme en 1995. Présider autrement : slogan de programme bandant pour le commun des salariés du public et du privé qui se demandent de quoi sera fait demain. Le Demain de la mondialisation, des délocalisations, des emplois précaires, de la crise du service public, du problème des retraites. Trop sûr de lui le gars. Pas la peine de pousser à gauche, ratissons large. T'as rien ratissé mon Pote.

Mais maintenant, c'est sur les Législatives qu'il va falloir éviter la cata. Risque fort de députés FN. C'est pas le moment de se lamenter. Il faut agir. Au lieu de traiter de fascistes les électeurs de Le Pen (il n'y a pas 20 % de vrais fascistes en France), il va falloir aller les chercher. Il y a 10 ans, on ne voulait pas des voix de Le Pen. Maintenant, il va falloir les prendre et les mériter car on ne peut pas continuer à ignorer 1 électeur sur 5 (ceux qui se sont abstenus, bien fait pour vous). Ils n'ont pas la gale, ils ont juste la rage.