Rompage du silence
Ne croyez pas que je ne m'occupe pas de vous par plaisir. Seulement, ces temps-ci, des tas d'autres choses m'appellent ailleurs. Y'en a même une qui m'a appelé la semaine dernière dans le pays de ce monsieur, mais sans que j'ai l'occasion de le voir, vu que par le beau temps qu'il faisait ma Gaufre liégeoise et moi, on est plutôt allé à la mer. Faire des trucs que l'on fait à la mer du Nord : marcher sur la plage, dessiner un coeur dans le sable, manger du poisson et boire de la bière. Notez qu'à Vienne, on avait mangé des escalopes panées, bu de la bière et écouté du Mozart. Bref, on fait des trucs conformes à notre environnement, tout en essayant de ne pas se faire blacklister chez Accor, chez qui on a du mal à rester super conformes, par contre. Prochainement, nous irons à Amsterdam, et je parie que nous ferons du vélo, boirons des bières et dégusterons la spécialité aromatique locale dans un établissement spécialisé. Ce n'est pas un manque d'imagination, c'est juste histoire de profiter de l'occas. La bière étant le dénominateur commun, sachant que même en week-end Papouasie, on en boirait de toute façon.
Bon, ne comptez pas sur moi la semaine prochaine non plus, car j'ai un métier, moi. Et je vais le pratiquer ailleurs. Dans une de ces nombreuses régions de France où manger "terroir" consiste à se taper du gras de porc au chou avec du vin qui pique. Mais c'est si charmant dans le contexte.
lundi 18 septembre 2006
jeudi 7 septembre 2006
1, 2, 3, Mickey, Dumbo et moi
Dimanche dernier, j’ai eu 4 ans. For the first time in my life, je suis allée au Pays merveilleux de Mickey INC. C’est mon Dumbo à moi (je parle de tes oreilles mon ange…) qui a eu cette mirifique idée destinée à chasser de mon esprit les petit soucis du quotidien, celui-ci étant actuellement peuplé de casse-couilles qui ne comprennent pas un mot de ce que vous leur avez expliqué 575 fois. Qu’il en soit remercié.
Parce que la potion a fait son effet : une grosse banane que j’arborais. C’est dingue de truc, un château bidon, une maisonnette rose, une musique pourrie mais joyeuse et voilà une trentenaire blasée qui rigole comme une bécasse en passant au milieu des nains, assise dans son pti train qui fait du 2. Juste des nains en plastoc qui bougent les yeux... Et je ne cause même pas du bateau au milieu des poupées ou des pirates, du navion sur Dumbo (le vrai), des secousses comme dans Star War et autres niaiseries, mais pas des qui font peur et qui donnent la gerbe (car ça me fait peur et ça me fait gerber après).
Pourtant, même sans Space Mountain, il est gerbant Msieu Disney, à harceler comme ça les tirelires des bambins et surtout celles des parents. Trop cher ton bonheur la souris. Ou alors juste entre adultes avertis, sûrs de ne pas craquer sur les oreilles en peluche ou le sabre du pirate. Quoi que...
Et puis, mon ami Mickey, ton burger il est tellement pourri qu’on a l’impression que ce vieux Ronny a fait un stage chez Gagnaire avec ses nuggets sauce moutarde.
Publié par MD à jeudi, septembre 07, 2006 |
lundi 28 août 2006
Une décade dense
Ca fait tout juste 10 ans que je travaille. Ce beau matin de 1996, je prenais le chemin de mon stage, toute anxieuse de comment me tenir, comment causer aux gens, ce qu’il faut dire ou pas… Comme j’ai tout bien fait, ou en tout cas pas plus mal qu’une autre, les bougres m’ont gardée et c’est grâce à ce volontaire petit matin d’il y a 10 ans que je me trouve aujourd’hui ici, devant mon écran, dans mon bureau à moi, glacial l’hiver, bouillant l’été et vitré comme un bordel à Amsterdam.
Depuis ce jour d’août où sans m’en apercevoir je mettais un orteil fatal dans l’engrenage infernal du monde du travail, je n’ai plus trop peur de mal me tenir ou de mal parler. Car, de fait, je suis affalée sur mon siège et je cause comme une poissonnière à mon cher patron, qui ne cesse de s’en plaindre. Fallait pas m’embaucher.
En 10 ans, comme la plupart d’entre vous, j’en ai vécu des jours de panique avant l’inauguration du nouveau point de vente. J’en ai vu passer des notes de service réexpliquant la règle des prises de congés (avant et après la loi Aubry). J’en ai connu des intérimaires infoutues d’orthographier mon nom. J’en ai faites des réunions ineptes destinées à flatter l’égo d’un chef incompétent. Mais plus maintenant, hein, maintenant mon chef, c’est une super lumière…(tiens, salut, tu passais par là ?)
D’ailleurs, depuis aujourd'hui et après 6 mois d’abstinence, mes collègues et moi-même avons renoué avec la traditionnelle réunion hebdomadaire des cadres. Je l’avais pratiquée ailleurs, mais pas encore à « Fais le avec tes doigts », notre TPME exemplaire, mais franchement TP. Du coup, pour rendre le truc crédible, on a donné un numéro à l’unique salle de réunion, on a fixé un horaire inamovible alors qu’on se croise tout le temps dans le micro-couloir et on a même tenté l’ordre du jour, bien qu’un seul sujet nous intéresse en cette saison. Car le mail du chef qui donne rendez-vous tous les lundi à 10h30, salle 432, pour évoquer la réorganisation de la structure efficiente, ça a plus de gueule que : « bon les mecs, on se voit 1 heure à la machine à café pour que je vous refile mon taf ? ».
En fait, le travail n’est qu’une succession de rites plus ou moins établis, destinés à formaliser une activité diurne et poussive pour laquelle chacun est plus ou moins rétribué. 10 ans qu’il m’aura fallut pour m’en apercevoir…
Publié par MD à lundi, août 28, 2006 |
jeudi 24 août 2006
On a supprimé Pluton
Dans la série « infos débiles mais véridiques », après la pêche aux hérissons pour déguster à la croque-au-sel, on apprend aujourd’hui la suppression de Pluton. Ce sont des scientifiques réunis en congrès mondial (pas de la mie de pain, quoi) qui ont décidé ça. Soit disant qu’elle était pas si bien et pas si grosse que ça la caillasse, pour prétendre être une vraie planète. Car, planète, ça se mérite comme titre. D’abord, il faut être ronde. Ensuite, il faut être très très grosse. Genre Jupiter. La boule OBUT de la voie lactée. Alors que Pluton, c’est rien qu’un cochonnet tout merdique. Mais il y a lurette, le premier gars qui l’a repérée dans la lunette s’est planté grave. Car elle fait brillement illusion, la garce. Et puis, qu’est ce qu’il aurait pas fait pour ce rendre intéressant celui-là, genre "j'ai découvert Pluton, c'est moi qui l'ai vue en premier". Alors qu’en guise de planète : des clous. Mais de là à la supprimer carrément… On fait quoi ? On raye juste de la carte ou on plastique direct à la Bruce Willis ?
Moi je trouve ça un peu brutal comme nouvelle. Ca perturbe mes acquis les plus solides. Y'a toujours eu 9 planètes, bordel ! A quoi peut-on se fier si même les trucs qu’on a lu dans « Tout l’univers » en CE2 sont à remettre en cause ? A plus rien ma bonne dame !
Si ça continu, vous verrez qu’ils vont nous dire que l’Homme descend du bulot-mayonnaise ou que Napoléon n’était pas vraiment un grand humaniste ? Ou ptet même qu’après les planètes, ils vont supprimer les thons (c’étaient pas vraiment des poissons, c’était juste des sushis vivants).
Pendant ce temps sur yahoo : Paris Hilton sort un disque (pas de son étagère IKEA, non elle chante dessus).
Publié par MD à jeudi, août 24, 2006 |
mercredi 23 août 2006
Aube, terre d’asile des Erinaceidae
Merci Wikipédia
Info Yahoo (toujours du haut niveau) : « Haut-Rhin: 22 hérissons destinés à la cuisson saisis par les gendarmes ». Alors que ma vaillante collègue m’informe de cette ignominie (en fait elle cherchait à démontrer la décadence de notre société à travers la recrudescence d’infos essentielles concernant la fameuse socio-anthropologue Paris Hilton), je lance un appel vibrant.
Hérissons, hérissonnes,
Allez-vous impunément vous laisser bouffer par des Alsacos ?
Allez-vous sans résister vous faire cueillir au bord des nationales, alors que c’est déjà pas bien simple de traverser sans finir en pancake (surtout depuis que la sus-nommée collègue ne veille plus personnellement à votre bien être autoroutier) ?
Allez-vous laisser opérer cet ignoble génocide, alors que, franchement, le hérisson, c’est même pas bon, même en bæckeofe (et pour retirer les piquants, c’est encore pire que les oursins) ?
Et, accessoirement, la maréchaussée, n’a-t-elle pas autre chose à foutre qu’à traquer les hérissonnophiles (des gens qu’on a à peu prêt autant envie de connaître que Michel Fourniret) ? Et sur le trafic de Kouglof frelaté, ils sont à fond aussi ?
Hérissons, Hérissonnes, de l’Est, de l’Ouest, du Nord et du Sud,
Rejoignez l’Aube (mais faites gaffe en traversant)
L’aube est une terre de protection pour le hérisson pourchassé. Alors toi aussi vas chercher bonheur dans le jardin de ma reum, bouffer les croquettes des chats et nous débarrasser des vilaines limaces qui croquent les laitues.
Nous, hérissons, hérissonnes, on vous aime. Et on a déjà 13 chats qui squattent la table de jardin, alors c’est pas une colonie de hérissons qui va nous faire peur.
Comme je le disais à notre spécialiste hiltonienne, de toute façon, j’ai mes méduses en plastoc contre les oursins sur les rochers, ça doit marcher pour éviter les piquants de hérissons dans le jardin de rocailles.
Et je le proclame : le hérisson, même mariné aux herbes et grillé à l’unilatéral, c’est deg. Surtout que quand on a retiré les piquants et la tête, il ne reste pas grand-chose à bouffer (c’est pourquoi il en faut au moins 22 pour confectionner une tourte aux hérissons et à la choucroute).
Publié par MD à mercredi, août 23, 2006 |
lundi 21 août 2006
Sur le pont
Quand je pense que c’est moi qui l’ai voulu : « tous sur le pont le 21 août ». M’y voici, et c’est parti pour quelques semaines de fureur chez « Fais le avec tes doigts » avec mon Toto de patron bronzé et cette dame qui ne peut pas enregistrer (comme si j’y pouvais quelque chose).
Depuis la dernière fois, j’ai eu 33 ans.
Depuis la dernière fois, j’ai visité Vienne avec ma wiener schnitzel, un peu sous la pluie, un peu collés pour se réchauffer. Plutôt bien tous les deux. Et Vienne… Drè jouli la faisselle de la Kaiserin Elisabeth mais pas bons les chocolats Sisi, les chocolats Mozart… On connaît mon amour pour le monde germanique : confirmé.
Depuis la dernière fois, j’ai donné à des chats des croquettes qui ont été dévorées par des hérissons et j’ai cueilli des tomates géantes dans le jardin de ma mère. Qui n’est pas celui d’Alice mais pas loin.
Maintenant tout reprend, sur un nouveau rythme, avec un gars à côté quand le réveil sonne. Ca change tout.
Publié par MD à lundi, août 21, 2006 |
mercredi 9 août 2006
Vive Giscard !
Non, ces 15 jours de vacances ne m’ont pas conduite à l’extrémité regrettable que constituerait en 2006 un soutien tardif à l’ancien Président. C’est du fils que je parle. Celui qui nous vend du bonheur pas donné. Celui qui nous bombarde des watts au soleil, vodka-poire à gogo. Celui qui nous fait sauter dans l’eau, reprendre 3 fois des pâtes et rouler des pelles à des inconnus. Celui a fait du bien à l’humanité célibataire.
Ca fait bien mal de l’admettre, mais ces 2 semaines, qui m’ont paru un mois, m’ont sortie de ma longue torpeur hivernale. J’ai vécu en 15 jours tout ce que ne m’avait pas donné l’hiver parisien : des nouveaux amis, de charmants amants, des rires de gamins, des danses effrénées et les yeux d’un homme.
J’ai d’abord tâtonné, m’installant doucement dans cet univers de bruit et de futilités, au milieu des grands garçons dont le métier est de se tortiller au soleil sur de la musique boom-boom entre 2 séances d’aquagym. Une vocation. Parmi les nouveaux arrivants blafards laissant faire le hasard pour se découvrir des affinités, j’ai ma technique : arriver tôt aux repas, m’installer seule à une grande table avec ma bouteille de vin (le soir uniquement sinon je n’aurais plus d’estomac). Et attendre un coup de pouce du destin.
Il n’y est pas allé de main morte le destin en m’envoyant dès le deuxième jour l’incarnation vivante de Bernard et Nathalie, ceux des Bronzés version 70’s. Etrange couple : « on est parti parce qu’il n’y avait pas d’assurance annulation » me glisse t-elle. « Elle fait la gueule depuis Roissy » me dit-il. C’était parti pour 2 semaines de complicité redoutable, moi parfois entre eux 2, eux avec ou sans l’autre. On apprend à se connaître, se méfiant parfois puis on conclut que seule la situation est tordue et que les 2 individus valent qu’on les supporte. Un peu trash, notre redoutable trio ne pouvait faire venir à nous que des individus audacieux.
Il y en a eu, croisés autour de la piscine ou au practice. C’est fou ce qu’on a à dire à des inconnus pour passer le temps, les fesses immergées. C’est fou ce qu’on s’amuse à ne rien faire et comme le temps coule doucement. Viennent ensuite les soirs à s’agiter sur de la musique que l’on trouve insupportable le reste de l’année. Mais là, il y a l’open bar et des individus du sexe opposé agréables à l’œil. Le paradis de la drague en somme. Quelques étreintes, quelques baisers. Ce que l’on trouverait insupportable à Paris est ici facile. Une activité comme une autre : golf, tir à l’arc, galochage, sexe rapide. Quant au fantasme du bel étranger, il faut être maligne pour le réaliser à la hauteur de ses ambitions, c'est-à-dire viser le spécimen polyglotte. Et BCBG, parce que tant qu’à avoir un Macaroni sur le feu, autant éviter la petite frappe androgyne et narcissique en total look DetG ou le brutal tatoué épilé à la moue tombeuse et au regard bovin. Le Rital n’est plus ce qu’il était Mesdemoiselles. Il a toujours pensé à être bien peigné, mais maintenant il passe plus de temps que nous dans la salle de bain.
C’est bête à dire mais ces yeux qui ne vous quittent pas, cette drague lancinante, en version ritale ou en français, a colossalement remonté mon moral. Pas encore à mettre à la poubelle la fille. Ici, j’ai un maillot vichy rose qui a trouvé son public, un fan club attentif et pressant. Rester lucide quand même : dans 1 mois j’aurai débronzé.
Ce n’est pas que le maillot vichy qui a fait ma réputation mais aussi mon grand projet des vacances, celui à mener coûte que coûte quel que soit le déroulement des opérations : la lecture de mon pavé estival. Cette année, j’avais mis la barre très haut puisque c’est « Belle du Seigneur » d’Albert Cohen qui m’accompagnait. Solal et Ariane. Ils m’ont suivi de jours en jours de mes matinées à la plage à mes fins de journées à la piscine, lors de ma sieste sous les pins, faisant de moi la drôle de fille un peu froide, un peu bêcheuse qui traîne son livre partout : « La première fois que je t’ai vu, tu lisais ton livre énorme face à la mer ».
Et le soir la musique reprenait, et sa cour d’œillades consommées ou pas. Et le matin revenait, moi tombant du lit systématiquement avec mes 4 pauvres heures de sommeil sous les paupières. Je me suis follement amusée. Mais au bout de 2 semaines, on a l’impression de vivre « Un jour sans fin ».
L’histoire ne serait rien sans sa conclusion.
Nous avions discuté toute la journée, nous nous jaugions. Un soir, je nous ai vu lui Solal et moi Ariane, la fille des Gentils. « Solennels parmi les couples sans amour, ils dansaient, d'eux seuls préoccupés, goûtaient l'un à l'autre, soigneux, profonds, perdus. ». D’accord la réalité était moins romanesque : une longue étreinte égoïste sur un dancefloor bondé, collés par la sueur et le désir, hors du temps, hors du lieu. Tout de blanc vêtus par jeu, on ne voyait que nous. Et le lendemain, un défilé de vanneurs pour me dire : « Dis donc, j’ai adoré hier soir votre numéro de slow en boîte, surtout le retourné couché final sur l’enceinte ». Dire que je n’ai même pas de photo… Dire qu’au lieu de nager sous les étoiles, je me suis effondrée sur la plage dans mes vapeurs d’alcool, toi contre moi pour me réchauffer et empêcher des ivrognes napolitains de venir m’emmerder. Dire que le lendemain avant ton départ, le même ballet est devenu aquatique.
J’étais partie seule par le 42 puis RoissyBus en traînant ma valoche, la crainte au fond du ventre de passer 2 semaines de solitude. Quand je suis rentrée, il m’attendait à Roissy. Il m’a déposé chez moi on est allé manger et il m’a dit : « En fait, on ne se connaît pas alors on a rien à perdre : ça te dit qu’on reparte ce week-end ? ». J’ai dit oui au mystère et je ne sais toujours pas où je vais. Mais j’y vais et avec lui. Mon Solal de vacances.
Publié par MD à mercredi, août 09, 2006 |