mardi 24 octobre 2006

La saison du mouron

Ca y est, la saison des feuilles qui tombent et de la grognonnerie est de retour. J’ai l’œil bas, la moue torve et le sourire rare. Pourtant, j’ai passé un délicieux week-end troyen avec ma Pétulance maghrébine, qui, du coup, a fait la connaissance de mes parents, chacun leur tour. Donc, lui au moins a une raison pour être d’humeur morose : sa chérie vient d’une famille casse-couilles (tiens, j’ai redit couilles).

Y’a rien à foutre : passé le 15 octobre, tout fait chié. La pluie qui mouille, le vent qui fait froid et qui décoiffe encore en plus, la nuit qui tombe tôt, l'année qui s'achève et qui nous rend vieux…

Et puis il faut que je refasse du sport.
Et puis j’achète un appart, alors le premier entrepreneur qui vient pas me les faire les travaux, y va en entendre causer.
Et puis, et puis, heureusement qu’il y a toi (et pas Findus, mais Picard).

jeudi 12 octobre 2006

Partie de Fès

…et de retour à Paris. Oui, je sais ce que vous allez dire : « elle était dans les Pouilles, maintenant elle va à Fès ». Oui, d’abord et le tout par hasard, sans chercher particulièrement à faire glousser le chaland. Je suis même partie à Fès avec le gars des Pouilles si vous voulez tout savoir. Pour les jeux de mots en dessous de la ceinture, je vous laisse la main.

En tout cas, ces quelques jours chez ma Méthode Berlitz (en 4 langues) m’ont ravis. D’abord parce qu’il était là tout le temps (sauf la nuit, car nous avons 14 ans) et sa charmante et nombreuse famille aussi (sauf la nuit car on ne se voyait que pour manger ce qu’on ne faisait que 16h/24). En revanche, on me verra circonspecte quant à la spécialité qui m’a été servie : la dafina. 1 viande, 5 féculents : 6 raisons de gerber. Surtout après 543 salades. Et un poisson. Et avant les fruits. Eux mêmes précédent les pâtisseries. « Et après, qu’est-ce que tu voudrais ? » Heu… qu’on me laisse, pitié. Ni nougat, ni chocolat.

Casa restera pour moi la ville immense où il fait chaud le jour et froid la nuit et où on mange trop, même en ce temps où personne ne mange de la journée. Et Fès restera la ville où on a le droit de faire tout ce qu’on veut comme des grands parce que les parents ne sont pas là.

La dame qui congèle ses enfants

Est-ce qu’au moins elle les met dans des sachets congélation, ceux qui sont vendus en rouleaux et qu'on a du mal à ouvrir ? Et est-ce qu’elle a le pti bidule métallique pour fermer ?

Je dis ça parce que chez moi, on faisait ça avec des prunes ou des cerises. Et après on faisait des tartes l’hiver.

On dira ce qu’on voudra, mais la tarte aux mirabelles, c’est meilleur que la tarte au bébé.

dimanche 1 octobre 2006

Bilan édifiant de la dernière semaine

J'ai célébré le nouvel an juif en dégustant le plat le plus lourd du monde, constitué de semoule aux haricots blancs dans un bain d'huile
J'ai bien trop peu dormi, sauf aujourd'hui
J'ai dit 8 783 fois "bonjour", 5 673 fois "merci" et 3 687 "au revoir". My God !
J'ai parcouru environ 7 798 kilomètres en 4 jours, le tout dans un lieu clos
Je me suis fait lécher le museau par une bête d'environ 200 kilos devant 400 personnes
J'ai mangé du scorpion dans une sucette (des pattes et de la tête, un truc absolument immonde)
J'ai choppé tous les miasmes qui passaient
J'ai chanté du Johnny devant la télé à 3h du matin
Je me suis réveillée ce matin avec un semblant de casquette, en me disant que le scorpion, faudrait pas en manger, mais il ne faut surtout pas le vomir (ouf)

Et la vie reprend

lundi 18 septembre 2006

Rompage du silence

Ne croyez pas que je ne m'occupe pas de vous par plaisir. Seulement, ces temps-ci, des tas d'autres choses m'appellent ailleurs. Y'en a même une qui m'a appelé la semaine dernière dans le pays de ce monsieur, mais sans que j'ai l'occasion de le voir, vu que par le beau temps qu'il faisait ma Gaufre liégeoise et moi, on est plutôt allé à la mer. Faire des trucs que l'on fait à la mer du Nord : marcher sur la plage, dessiner un coeur dans le sable, manger du poisson et boire de la bière. Notez qu'à Vienne, on avait mangé des escalopes panées, bu de la bière et écouté du Mozart. Bref, on fait des trucs conformes à notre environnement, tout en essayant de ne pas se faire blacklister chez Accor, chez qui on a du mal à rester super conformes, par contre. Prochainement, nous irons à Amsterdam, et je parie que nous ferons du vélo, boirons des bières et dégusterons la spécialité aromatique locale dans un établissement spécialisé. Ce n'est pas un manque d'imagination, c'est juste histoire de profiter de l'occas. La bière étant le dénominateur commun, sachant que même en week-end Papouasie, on en boirait de toute façon.
Bon, ne comptez pas sur moi la semaine prochaine non plus, car j'ai un métier, moi. Et je vais le pratiquer ailleurs. Dans une de ces nombreuses régions de France où manger "terroir" consiste à se taper du gras de porc au chou avec du vin qui pique. Mais c'est si charmant dans le contexte.

jeudi 7 septembre 2006

1, 2, 3, Mickey, Dumbo et moi

Dimanche dernier, j’ai eu 4 ans. For the first time in my life, je suis allée au Pays merveilleux de Mickey INC. C’est mon Dumbo à moi (je parle de tes oreilles mon ange…) qui a eu cette mirifique idée destinée à chasser de mon esprit les petit soucis du quotidien, celui-ci étant actuellement peuplé de casse-couilles qui ne comprennent pas un mot de ce que vous leur avez expliqué 575 fois. Qu’il en soit remercié.
Parce que la potion a fait son effet : une grosse banane que j’arborais. C’est dingue de truc, un château bidon, une maisonnette rose, une musique pourrie mais joyeuse et voilà une trentenaire blasée qui rigole comme une bécasse en passant au milieu des nains, assise dans son pti train qui fait du 2. Juste des nains en plastoc qui bougent les yeux... Et je ne cause même pas du bateau au milieu des poupées ou des pirates, du navion sur Dumbo (le vrai), des secousses comme dans Star War et autres niaiseries, mais pas des qui font peur et qui donnent la gerbe (car ça me fait peur et ça me fait gerber après).
Pourtant, même sans Space Mountain, il est gerbant Msieu Disney, à harceler comme ça les tirelires des bambins et surtout celles des parents. Trop cher ton bonheur la souris. Ou alors juste entre adultes avertis, sûrs de ne pas craquer sur les oreilles en peluche ou le sabre du pirate. Quoi que...
Et puis, mon ami Mickey, ton burger il est tellement pourri qu’on a l’impression que ce vieux Ronny a fait un stage chez Gagnaire avec ses nuggets sauce moutarde.

lundi 28 août 2006

Une décade dense

Ca fait tout juste 10 ans que je travaille. Ce beau matin de 1996, je prenais le chemin de mon stage, toute anxieuse de comment me tenir, comment causer aux gens, ce qu’il faut dire ou pas… Comme j’ai tout bien fait, ou en tout cas pas plus mal qu’une autre, les bougres m’ont gardée et c’est grâce à ce volontaire petit matin d’il y a 10 ans que je me trouve aujourd’hui ici, devant mon écran, dans mon bureau à moi, glacial l’hiver, bouillant l’été et vitré comme un bordel à Amsterdam.

Depuis ce jour d’août où sans m’en apercevoir je mettais un orteil fatal dans l’engrenage infernal du monde du travail, je n’ai plus trop peur de mal me tenir ou de mal parler. Car, de fait, je suis affalée sur mon siège et je cause comme une poissonnière à mon cher patron, qui ne cesse de s’en plaindre. Fallait pas m’embaucher.

En 10 ans, comme la plupart d’entre vous, j’en ai vécu des jours de panique avant l’inauguration du nouveau point de vente. J’en ai vu passer des notes de service réexpliquant la règle des prises de congés (avant et après la loi Aubry). J’en ai connu des intérimaires infoutues d’orthographier mon nom. J’en ai faites des réunions ineptes destinées à flatter l’égo d’un chef incompétent. Mais plus maintenant, hein, maintenant mon chef, c’est une super lumière…(tiens, salut, tu passais par là ?)

D’ailleurs, depuis aujourd'hui et après 6 mois d’abstinence, mes collègues et moi-même avons renoué avec la traditionnelle réunion hebdomadaire des cadres. Je l’avais pratiquée ailleurs, mais pas encore à « Fais le avec tes doigts », notre TPME exemplaire, mais franchement TP. Du coup, pour rendre le truc crédible, on a donné un numéro à l’unique salle de réunion, on a fixé un horaire inamovible alors qu’on se croise tout le temps dans le micro-couloir et on a même tenté l’ordre du jour, bien qu’un seul sujet nous intéresse en cette saison. Car le mail du chef qui donne rendez-vous tous les lundi à 10h30, salle 432, pour évoquer la réorganisation de la structure efficiente, ça a plus de gueule que : « bon les mecs, on se voit 1 heure à la machine à café pour que je vous refile mon taf ? ».

En fait, le travail n’est qu’une succession de rites plus ou moins établis, destinés à formaliser une activité diurne et poussive pour laquelle chacun est plus ou moins rétribué. 10 ans qu’il m’aura fallut pour m’en apercevoir…