lundi 24 juillet 2006

Se casser dans les Pouilles

Voici mon programme du jour et des 2 semaines qui viennent. Oh je vous vois venir : "qu'est-ce qu'elle a encore pas trouvé pour faire une contre-pétrie douteuse et nous affliger du mot "couilles" en cascade..." Même pas vrai. Je pars vraiment en vacances dans la botte Italienne, au bord de l'Adriatique. Le programme devrait se résumer à fuir les abords d'une piscine bruyante pour trouver refuge avec des poissons et des balles de golf.

C'est mon premier départ en vacances seule, perspective qui ne m'effraie pas. C'est plutôt de devoir affronter une collectivité avec laquelle je pourrais ne pas être en phase (triptyque Jeux apéro - techno - "t'es bonne") qui me refroidit. Du coup, je pars avec des milliers de pages de lecture, au cas où ils me les pètent vraiment, les Pouilles...

Après ces 6 derniers mois d'état moral et physique précaire (le physique étant occasionnellement dégradé par la somatisation régulière du mental), j'espère me remettre d'aplomb. Déjà que, bizarrement, ça allait mieux ces derniers jours, comme une idée de trouver la paix en moi quoi qu'il arrive.

Vacances réussies ou pas, vous ne m'entendrez de toute façon pas trop me plaindre. Ces vacances là, si mon agenda l'avait permis, je les aurais peut être passées à Beyrouth. Heureusement, je n'y suis pas et WIL non plus, mais allez le lire.

mercredi 19 juillet 2006

En colère

L’histoire se déroule dans la banlieue d’une ville de province. Un mardi, à l’heure du déjeuner. Une dame est alertée par des bruits provenant des immeubles situés juste derrière chez elle. Des cris émanent d’un appartement, une dispute entre un couple, une de plus dans cette famille. Très vite, les insultes fusent et vraisemblablement les coups. Régulièrement, l’homme tape sur la femme, mais cette fois, il semble très violent : « salope », « putain » et toutes les menaces physiques qui vont avec. En période de vacances, les deux petites filles du couple sont présentes et assistent à la scène.

Le dame révoltée et inquiète attrape son téléphone et compose le 17. Police secours. Elle demande une intervention d'urgence. Là, on lui répond que « le cas » relève du commissariat du quartier. Elle n’a pas le numéro, on la renvoie sur la mairie de la commune qui saura l’orienter. Appel à la mairie. Mais à 12h30, personne ne répond. Après 10 minutes de répondeur, la dame raccroche, furieuse. De toute façon, les cris ont cessé pour ne plus laisser entendre que des larmes.

Voilà. En 2006, en France, il y a encore des endroits où la Police refuse d’intervenir dans un cas de violence conjugale. Il y a encore des flics pour ne pas juger utile de se déplacer quand une femme est frappée, qui plus est devant ses enfants.

La dame, c’est ma mère, et si ce sujet la touche c’est qu’une de ses amies a, elle aussi, été victime d'un compagnon violent. Les campagnes de com sur le sujet, elle les a vues. La bonne conscience que se donne la société : en parlant d'un problème, on considère qu'il est en partie réglé. Alors, même elle qui a tendance à trop croire ce qu’on lui dit sur TF1, elle se demande ce qu’il fout Sarko, à part le beau à la télé pour claironner que Cécilia est rentrée.

mercredi 12 juillet 2006

La surprenante info du jour

Et ben moi, Mon Lapin, j'aurais parié mes genoux qu'il était déjà mort Syd Barrett. Comme quoi...

lundi 10 juillet 2006

A propos de Juliette...

Pour les plus lents d'entre vous : je ne ressemble pas à Juliette Binoche. A mon grand étonnement, il existe une minorité récurrente qui trouve que si, mais, je le rappelle, il y a toujours des gens qui trouvent qe Chirac est un bon Président, alors... Et en pourcentage, je crois que ceux qui trouvent que je ressemble à Binoche sont encore moins nombreux, c'est dire...

Zidane y va frapper…

Tous ces bien-pensants qui cassent du Zizou ce matin, me gavent. Moi, Zidane, il m’énerve quand il joue comme une savate tout en continuant à nous polluer dans des pubs pour téléphone mobile. Mais tant qu’il joue au foot comme un Dieu, il peut en distribuer des mandales, ce qu’il fait chroniquement, ça ne me dérange pas. Je dirai même que ça ajoute à son sex-appeal naturel déjà bien développé. Non que la violence m’affole, ça me révulse même (quoi que quand j’y pense, je me dis que j’ai surtout fréquenté des gars qui ont le bourre-pif facile). Mais ce côté béni-oui-oui qu’il se traîne dans les médias, à pas être foutu de dire du mal et à sourire bêtement en bredouillant, juste pour faire le gentil-garçon-gendre-idéal-modèle-d’intégration, c’est insupportable à la longue. Tout ça pour vendre de la Volvic. En vrai, il est sanguin le gars Zidane et c’est comme ça qu’on l’aime. De temps en temps, il s’essuie les pieds sur un Saoudien ou il redresse le plexus d’un Italien, la belle affaire ! Il reste le meilleur footballeur qui ait porté le maillot bleu, un type bien aussi et accessoirement un gars qui a rendu la calvitie super sexy (et c'était pas gagné).

Et au fait, j’ai trouvé une raison de me réjouir de la défaite : le plateau d’après match sur TF1. Jean-Pierre Pernaut qui interview Lorie, c’était la chiraquie qui se regardant de nombril. Si les Bleus avaient gagné, ceux là se seraient encore crus obligés de se réjouir du triomphe d’une France que, dans le fond, ils ne peuvent pas sacquer. Ce matin, pour tous ceux qui n'ont pas pu récupérer la victoire à leur profit, le foot redevient un sport de beaufs et de prolos.

mercredi 5 juillet 2006

La tactique du Raymond

Nous saluons ici l'accession en finale de la Coupe du Monde de la brillante équipe de France (les sosies des chèvres qui ont joué le premier tour). Mais surtout l'audace d'un coach inventif. Car notre Raymond Domenech à nous, il n'y est pas allé avec le dos de la main morte niveau audace. Il nous a déballé une tactique de déstabilisation de l'adversaire des plus subtiles. Alors que lors des précédents matchs il faisait systématiquement rentrer Govou à la 75ème PUIS Wiltord à la 80ème, cette fois, Raymond le Guedin a fait rentrer Wiltord à la 68ème PUIS Govou à la 72ème. Trop fort ! Complètement déstabilisés qu'ils ont été les Portugais, bouleversés dans leurs certitudes sur la stratégie des Bleus, ils ont cherché leur mère pendant 22 minutes... Audace, quand tu nous tiens...

Saluons également l'entrée fracassante de Louis Saha dans la Grande histoire de la Coupe du Monde. En effet, un mec qui joue 2 fois 3 minutes en fin de rencontre et qui est suspendu pour s'être pris 2 fois un carton, c'est une première. Ce qui remet sur l'ouvrage la fine tactique de changement du coach pour la finale : faute de Saha à la 85ème, si ça se trouve, il peut nous péter un câble et nous faire rentrer Givet... ou Landreau...

A noter pour la finale : plus faire de passe pourrie à la 94ème quand on mène 1-0, ne serait-ce que pour ne pas remplir les urgences en pleine canicule.

lundi 3 juillet 2006

Juliette, Julia et Barbara

Il y a quelques jours, alors que je visitais un appartement merdique en vue d'une possible acquisition, l'agent immobilier m'a fait le coup de Juliette. J'explique le coup de Juliette, désormais un classique. Cela consiste pour un parfait inconnu à plus ou moins me dévisager puis à enchaîner grosso-modo les phrases suivantes :
« Je ne sais pas si on vous l'a déjà dit... »
« ...vous ressemblez à une actrice... »
« ... à Juliette Binoche ».
Dans ce studio délabré mais onéreux, je suis restée silencieuse et emmerdée devant cet énième coup de Juliette, sournoisement porté, alors que je fouinais dans la crasseuse cuisine.

On va se parler en vrai : c'est pas que je lui ressemble franchement à Juliette. Surtout que je suis BEAUCOUP plus jeune. Admettons : je ne suis pas bien grande, plus ou moins brunette et avec le même genre de sourire. Enfin on va dire ça, mais c'est pas super frappant non plus. Et pourtant, il se trouve occasionnellement quelqu'un pour me dire le contraire, sans aucun soupçon de drague lourde.

Mon premier coup de Juliette s'est déroulé dans un magasin de chaussures pendant les soldes il y a 5 ou 6 ans. La vendeuse me dévisageait et quand elle m'a avoué pourquoi, j'ai mis ça sur le compte du béret que j'avais sur la tête. Binoche en portait un dans un film, voilà c'est tout. Même pas pensé à lui demander une réduc sur les bottes...

Et puis plus rien pendant longtemps. Et de la Juliette en rafale ces derniers mois. Surtout chez les commerçants et restaurateurs, comme chez ce charmant asiatique qui à l'issue des 2 phrases fétiches ne mettait pas de nom sur l'actrice de sa pensée. Ma mère, toujours en finesse, surtout après 4 bières (parce que la fondue chinoise ça donne soif), s'exclama : « oui, à Julia Roberts ! » Alors Juliette, je veux bien sans trop d'éclairage, pas Julia point du tout. D'autant qu'à moi entière, je suis une demi-Julia en hauteur, tout en étant plus développée par endroits. Même le restaurateur from Saïgon ne le sentait pas ainsi d'ailleurs. Mais bon, c'est ma mère et elle était en forme ce week-end là, puisque le lendemain, elle chanta mes louanges à Raphaël Mezrahi (pour ceux qui ont suivi les épisodes précédents).

Avec mon épanchement sur le coup de Juliette, je sens que vous vous demandez où est le problème vu que la comparaison n'est pas vraiment diffamatoire. C'est pas un boudin tout de même, la Juju. Mais voilà, admettez que c'est juste très gênant qu'un inconnu vous dévisage et se trouve subtil de vous déballer sa fine analyse de votre faciès. Et d'abord, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça ?
- pas « merci », rien ne dit que c'est un compliment et d'ailleurs ce n'est pas formulé de la sorte. Ils sont juste super contents de l'avoir trouvée, la ressemblance inédite...
- pas : « oui, on me le dit souvent », trop « je me la pète »
- pas : « à elle aussi, on lui dit tout le temps », encore pire
- pas non plus « non pas du tout et touche à ton cul » vu que je suis plutôt sympa dans le fond, comme fille...

J'en ai une super de réponse en fait mais je n'ose pas la sortir pour ne pas prolonger la conversation sur le sujet, mon souhait immédiat étant de clore (et de soit de commander une boule coco, soit de m'interroger sur les dimensions du séjour, selon les circonstances). Un jour, un individu évoluant dans le milieu cinématographique m'a sorti les 2 premières phrases rituelles et, anticipant le coup de Juliette, je le coupe et lui dit « oui, je sais, Binoche... ». Et lui me répond : « Non, je la connais Juliette, tu ne lui ressembles pas. Tu ressembles à Barbara Schultz... ».