jeudi 27 mai 2004

Je sais

Je suis la fille qui sait qu’à Gare de Lyon, on descend du métro du côté gauche, avant même que la voix de synthèse ne l’annonce.
Je suis la fille qui sait qu’à la Motte-Piquet Grenelle, on descend du métro du côté gauche alors qu’il n’y a même pas de voix de synthèse.
Je suis la fille qui sait que pour sortir de ma jolie entreprise, il ne faut pas descendre de l’ascenseur au rez-de-chaussée.
Je suis la fille qui sait que le service médical de mon entreprise est au rez-de-chaussée, alors que je n’y ai pas droit.
Je suis la fille qui sait où sont cachés des dossiers confidentiels de ma directrice, parce qu’elle me fait confiance.
Je suis la fille qui sait indiquer la direction des monuments de partout dans Paris aux touristes japonais.
Je suis la fille qui sait où est le distributeur de tickets planqué derrière un poteau au La Redoute de la rue du Commerce.
Je suis la fille qui sait retirer le bruit des touches sur tous les téléphones portables.
Je suis la fille qui sait où trouver les meilleurs fromages ou chocolats à Paris.
Je suis la fille qui sait où trouver les meilleurs savons sur Internet.
Je suis la fille qui sait qu'une volonté de fer peut changer le cours des choses.
Je suis la fille qui sait que rien ne sert de lutter contre ce qui est acquis.
Je suis la fille qui sait qu’il faut se méfier des apparences.
Je suis la fille qui sait ce qu’on peut attendre des autres.

mardi 25 mai 2004

« Hum, ça sent bon dans ton bureau »

Ce matin, comme tous les matins où je me fais du thé aux fruits rouges au bureau, je sais que je m’expose à la bonne humeur de mes collègues. Et eux à la mienne qui n’est pas toujours bonne. Systématiquement, c’est un défilé dans mon bureau pour me dire « hum, ça sent bon dans ton bureau, qu’est ce que c’est ? ». Sont bien gentils mes collègues.
Le premier qui trouve que ça sent bon dans ton bureau, tu lui réponds gentiment « c’est mon thé aux fruits rouges, parce que tu sais, je me fais du thé, je bois pas de café ». Ah oui, tu as raison ! Ben ça sent très bon. Voilà voilà.
Le deuxième, tu lui dis « tu trouves aussi ? Ben c’est mon thé aux fruits rouges ». Ah ba qu’est ce que ça sent bon. « Ouais, c’est Lipton qui fait ça, c’est bien meilleur qu’Elephant (et je le dis pas mais le bon thé, je me le garde pour chez moi). Voilà voilà.
Le troisième qui trouve que ça sent bon, tu lui dis « Oui, Lipton, fruits rouges, y’a plein de parfums, ça sent bon tout ça, café pas bon » Ah ba ça sent dans tout le couloir. Voilà voilà.
Le quatrième, tu lui envoies « tu connais pas le thé aux fruits rouges… » Ba non, mais ça sent bon. Voilà voilà.
Le cinquième, tu lui jettes « Ba c’est Lipton fruits rouges, c’est dans tous les supermarchés alors y’a pas de quoi se taper le cul par terre non plus… » Bon quand même hein. Voilà voilà.
Quant au sixième, tu l’attends sur le pas de la porte : « Si quelqu’un veut un thé aux fruits rouges qui sent bon, il va s’en acheter à Auchan ».
Faut pas me chercher, moi…

lundi 24 mai 2004

Chronique d'un week-end férié
What what ???

Il a eu raison le Pti Jésus de monter au ciel. Parce qu'après sa résurrection, il aurait pu rester comme ça pendant des plombes en suspension au dessus du Mont des Oliviers avec vu panoramique sur Jérusalem. Non, il a préféré aller voir Papa au ciel et de ce fait, on a droit à un jeudi férié, qui pour les plus chanceux, comme moi, se poursuit par un vendredi de Retete.
Ce week-end a débuté par un grand moment de vide, cette finale de l'UEFA insipide et où l'on s'aperçoit que Barthez n'a toujours pas mûri dans son jeu malgré ses 15 ans de carrière. Mme Presko et moi même nous sommes vengées sur la Kriska, et son mini-doberman de gosse, sur les framboises à la glace (qu'il nous a ôtées de la bouche). J'ai regagné mon pourtant proche domicile en plus de 20 minutes, pour cause de mal à la papate, raideur dans le talon, le truc qui fait un mal de chien et tu sais pas d'où ça vient. Ridicule.
Donc, difficile le lendemain de préparer ce qui fût pourtant un grand moment de mon existence, mon barbecue. Quel évènement ! Mon premier barbecue, organisé par moi, dans mon chez moi, sur mon balcon. Le rêve de toute une vie, une sorte d'accomplissement que de manger des merguez et de la viande grillée, dehors, quand il fait beau, et avec des personnes chères. 4 000 calories et quelques verres après, direction Montmartre, avec un gars et un gars, le second se caractérisant par un sens de l'orientation toujours contestable, bien qu'en progrès. Bières au soleil aux Abbesses. Que c'est bien Paris dans ces conditions (soleil, bière et matage de mecs en terrasse) ! La journée s'est poursuivi par un pilonnage des deux gars au Trivial, avec vin blanc, puis par une petite salade et des fraises à la crème, accompagnées de souvenirs de régiment bocravaillesques et de deux bouteilles de rouge. Bizarrement, je suis rentrée en mon chez moi avec une énorme barre au milieu du front. Allez savoir pourquoi...
Vendredi, réveil déprimé, du mal à se bouger et la papate qui fait toujours mal. Quelques lessives et quelques larmes, et ça repart, parce que la fille en ce moment, elle est comme ça, elle passe du rire au larme, du franc volontarisme à l'abattement absolu, de la joie de vivre incarnée à la morosité totale, de la foi inconditionnel en mon bel avenir à la terreur du lendemain. Everest, Fosses des Mariannes.
Achats de chaussures de taspé avec Mme Presko, dej japonais et bilan d'une année qui marquera ma vie, quelle que soit la suite des évènements. Et visite de ma chère Estelle et son petit (pas tant que ça) Paul à la maternité. Elle envie ma ligne, j'admire ses gestes de mère. Elle nostalgise sur ma vie "d'étudiante" de 30 ans, je jalouse son équilibre et la réussite de sa vie de couple. On n’est jamais content, sauf Paul qui lui bouffe, dort, bouffe, dort... Un qui promet.
S’en suivit une soirée devant mon micro sous le signe des types de 30 ans célibataires qui "cherchent un femme douce, sincère, dynamique"... Mais avec moi ça va pas le faire les gars. La femme douce recherchée, c'est la potiche que vous n'avez pas le courage d'afficher comme telle. Moi pas femme douce, moi femme chiante quand elle a décidé de l'être.
Un samedi guère plus optimiste au départ, mais Tip Top Gym first. Bougeage de mon corps, abdos à côté d'un secrétaire national de l'UMP, piscaille bienfaisante... Mon Tip Top Gym, je vous en reparlerai, c'est mon second chez moi. C'est un nid de poufiasses et de pédés en marcel trop court, mais étonnement, je m'y trouve super bien. Comme quoi je suis peut être devenue une pouf pour de vrai
Monop et achat d'un nombres invraissemblable de pots de confiotes à toutes sortes de fruits puis dîner avec Mme Presko. Et quel dîner ma foi... . Ah le bon restaurant ! Ah le joli concept commercial ! Un patron beau comme un Dieu qui attend le chaland sur son pas de porte et colle systématiquement deux bécots à qui le franchit. Ca va marcher ! Sais même pas pourquoi il affiche un menu, tout le monde s'en fout. Le plat du jour que tout le monde a envie d'essayer, c'est le patron lui-même. En tout cas, il a gagné deux clientes enthousiastes le Monsieur. L'arrivée de chaque plat fut saluée d'un tout juste perceptible "à poil". Et le menu complet suivit d'un dijo... en encore on aurait pu aller jusqu'à la tisane et le cigare histoire de traîner un peu. Donc pas mal d'alcool encore mais pas la moindre trace de cuite en retour, ce qui ne manqua pas de m’inquiéter.
Enfin, le week-end s’acheva chez les deux gars qui ont des problèmes philosophiques de panier à chaussettes . Pour préparer le brunch à 6 000 calories (par personne), les gars avaient prévenu : pas d'alcool Patsy Stone ! Jus de raisin, mais pas fermenté. Merci, je sais encore ce que c’est que du jus de fruits. Bon j'avoue, le jus de tomate que j’ai acheté est notamment destiné à être mélangé avec ma Mosko pour confectionner de bons petits Bloody Mary. Mais je me soigne. Pas d'alcool aujourd'hui, et demain, on devrait tenir le coup sans les premiers signes de manque...
L'Ascension, le premier pas vers l'alcoolisme mondain. S'il avait su le Pti Jésus.

vendredi 21 mai 2004

Quelques mots d'amour
Paroles et musique de Michel Berger

Il manque quelqu'un près de moi
Je me retourne tout le monde est là
D'où vient ce sentiment bizarre que je suis seul
Parmi tous ces amis et ces filles qui ne veulent
Que quelques mots d'amour

De mon village capitale
Où l'air chaud peut être glacial
Où des millions de gens se connaissent si mal
Je t'envoie comme un papillon à une étoile
Quelques mots d'amour

Je t'envoie mes images
Je t'envoie mon décor
Je t'envoie mes sourires des jours où je me sens plus fort
Je t'envoie mes voyages
Mes jours d'aéroport
Je t'envoie mes plus belles victoires sur l'ironie du sort

Et dans ces boîtes pour danser
Les nuits passent inhabitées
J'écoute les battements de mon cœur répéter
Qu'aucune musique au monde ne saura remplacer
Quelques mots d'amour

Je t'envoie mes images
Je t'envoie mon décor
Je t'envoie mes sourires des jours où je me sens plus fort
Je t'envoie mes voyages
Mes jours d'aéroport
Je t'envoie mes plus belles victoires sur l'ironie du sort

De mon village à cent à l'heure
Où les docteurs greffent les cœurs
Où les millions de gens se connaissent si mal
Je t'envoie comme un papillon à une étoile
Quelques mots d'amour

Plus jamais ça

Pour ceux qui ne seraient pas encore au courant, je ne vois pas comment en même temps, c'est l'actu de la semaine... c'est à dire ceux qui ne cliquent jamais dans la colonne de liens à côté, pour aller voir ce qui se passe chez M. PaCa, el Dadou et la Presko, je me dois de revenir sur l'évènement de la semaine dernière. Au cours de l'épouvantable Euro Song Contest de samedi dernier, où nous fûmes très chaleureusement accueillies, Mme Presko et moi chez les deux gonzesses pré-citées, il apparaît que nous n'avons pas fait preuve d'une extrême clairvoyance, voir que nous ayons manqué d'instint. Nous avons pris pour le commun des pédés que l'on croise dans ces soirées, un hétérosexuel bien de sa personne et pas insensible à l'étalage de nichons et fesses que nous offrons en pareil circonstance (dans une assemblée de pédés et après too much Côtes-du-Rhône, ça déborde un peu).
On va pas faire Noël là dessus...Mais je cherche une parade efficace pour que nous puissions affirmer nous aussi : "plus jamais ça".
Je comprends les réticences de mes camarades quant à étiquetter leurs invités, surtout les homos. En effet, l'obligation d'étiquettage des minorités nous renvoit aux périodes les plus sombres de notre histoire. Mais les hétéros, hein ? Pourquoi ne pas adopter une signalétique pour le mâle hétéro disponible ? La fleur de tiaré sur l'oreille, comme à Tahiti (déjà suggéré sur ce blog il y a de nombreuses lunes) ? Le pin's qui pourraient faire un retour en force (voir un pin's parlant qui dirait" té bône, té bône") ? La cravate rose (j'arrête pas de voir des mecs mignons avec des cravates roses sur la ligne 8, donc je m'interroge, ce ne peut être une coïncidence) qui redeviendrait tendance également ?
Pour ne plus passez bêtement à côté du mâle qui pourrait devenir nôtre.

mercredi 19 mai 2004

Docteur MD et Miss Bourrin
Si vous me voyiez aujourd’hui, vous verriez une jeune femme chic business 15ème, tendance summer, la petite robe bleue, les chaussures beigeasses à ruban nouées autour des chevilles, le petite veste ceinturée… Les bijoux assorties, le petit sac qui va bien… Maquillage assez sobre, sourire, bonjour Machin, tu vas bien Machine, on va avoir beau temps.On me donnerait le Bon Dieu sans confession, mais ce soir…
Ce soir, cette charmante et féminine personne compte bien se transformer en gros bourrin hurlant, qui descend au goulot un pack de Kriska en criant « Mais Putain y’a pas hors-jeu ! Quelle chèvre ce Marlet ! A poil Drogba ! ! ! ». Y’a plus de vraie jeunes femmes. Et je vous dis même pas la semaine prochaine devant Monaco…
Dernière nouvelle : si j'avais bien prévu de descendre mes Kriskas avec Mme Presko, il semblerait que toute sa famille soit là aussi, donc ma réputation risque d'en pâtir (surtout si je crie "A poil" à chaque fois que Drogba est à l'image...)

mardi 18 mai 2004

La seule question du jour

De bureaux en bureaux, on entend que ça : « y va faire beau ce week-end ? ? ? ». C’est Patrice Drevet qui a intérêt à ne pas se rater sur ce coup là, sinon il a la France entière sur le dos.
Pendant ce temps, il peut se torturer des wagons d'Irakiens et se trucider des dizaines de civils américains en Irak... on s'en fout, on veut du barbecue. On l'a mérité quand même...