De la survie en environnement scotomis� (scotomisation = d�ni de r�alit�)
Naufrage Consulting d�voile ses techniques in�dites � partir d�exemples frappants
La scotomisation, ph�nom�ne dont je vous ai pr�c�demment parl�, est un processus imparable, surtout s�il vient d�en haut, du sommet d�une organisation. Mode de fonctionnement contagieux, elle gagne petit � petit toutes les couches d�une structure, inexorablement.
Rappelons que la scotomisation est, avant tout, une m�thode de survie dans un univers hostile (bureau ou No�l en famille). Mais pour tout individu r�calcitrant, cela peut devenir un enfer au quotidien.
Moi, fondatrice de Naufrage Consulting, Consultants sp�cialis�s en organisation merdique, je vais vous d�voiler une m�thode test�e scientifiquement (comme mon shampooing L�Or�al au R�g�nium) pour g�rer plut�t que subir un processus de scotomisation g�n�rale. Comment s�adapter � une organisation bas�e sur l�irr�alisme et l�arbitraire ? Comment supporter l�aveuglement obstin� de son entourage ? Comment concevoir la fuite en avant comme mode de fonctionnement des individus ?
Mon analyse est simple, pour survivre � la scotomisation, il faut soit y adh�rer soi-m�me (par un processus de mise en veille de ses capteurs de r�alit�), soit la simuler gr�ce � une technique exclusive Naufrage Consulting : l�acquiescement constructif.
C�est tr�s simple � mettre en �uvre. Cela consiste, en toute occasion et � tout propos, � marquer franchement son approbation. Prenons tout de suite un exemple concret qui vous permettra d�appr�hender la m�thode et ses effets (pour essayer chez vous).
Dans une entreprise merdique et scotomis�e par le haut, le chef de service (celui qui d�cide) annonce � ses salari�s (ceux qui ex�cutent b�tement) que les objectifs pour l�ann�e 2003 ont �t� d�finis. Il s�agit :
- d�organiser une animation commerciale bas�e sur le d�montage de la Tour Eiffel et sa reconstruction en grande pompe sur le parking de la succursale de Bar-le-Duc.
- de mobiliser la force de vente afin de lancer une campagne de prospection sur Saturne (le marketing est formel, c�est une niche).
Comment r�agir face � une hi�rarchie aveugl�e et inconsciente mais autoproclam�e omnisciente et infaillible ? Plusieurs solutions s�offrent au salari�.
Premi�re hypoth�se : le salari� pousse des cris d�orfraies et traite le chef de service de parfait dingo, arguant que ces projets sont surdimensionn�s, irr�alisables et hors de port�e d�une bo�te aussi minable. Il clame son rejet et projette de remuer ciel et terre pour contrer ces id�es.
Cons�quences : le salari� est tax� de mauvais esprit. Toujours n�gatif, il est un tra�tre � la Patrie.
Accusations possibles : manque d�ambition, esprit chagrin, attitude destructrice.
Perspectives : il devient un mauvais �l�ment, � neutraliser ou �liminer.
Moral : face au manque de pragmatisme ambiant, � la d�valorisation de son jugement et aux faibles perspectives qui s�offrent � lui, il est d�motiv�, exc�d� voir r�volt�.
Physique : il va droit vers l�ulc�re, la crise de nerfs et multiplie les risques de passage � l�acte (jet de cafeti�re � la gueule).
Moralit� : tous ses coll�gues le ha�ssent et il est malheureux. Pourtant, la somme vir�e sur son compte en fin de mois reste la m�me.
Deuxi�me hypoth�se : le salari� affirme son d�sint�r�t en signifiant clairement que � peu lui chaut � (ou � ranap�ter �). En effet, conscient de l�incoh�rence de tels projets, il pr�f�re les ignorer sto�quement plut�t que s�en soucier.
Cons�quences : le salari� est pris en grippe par sa hi�rarchie, convaincue que sa d�motivation avou�e est un frein � leurs entreprises. Il devient un obstacle � tout d�graissage de mammouth.
Accusassions possibles : immobilisme, refus de s�int�grer dans une ambiance pourtant conviviale, pr�tention.
Perspectives : il sera progressivement exclu des processus de (non)production et ne sera pas invit� � participer � des d�ners sympatoches entre coll�gues scotomis�s.
Moral : d��us par tout, il risque de se replier sur lui m�me, de bouffer des mauvais sandwichs seul dans son bureau et de pleurer d�s qu�il fait tomber son stylo.
Physique : aigreurs gastriques, d�pression, surdose de Prozac.
Moralit� : tous ses coll�gues l�ignorent et il est malheureux. Pourtant, la somme vir�e sur son compte en fin de mois reste la m�me.
Troisi�me hypoth�se : le salari� pratique l�acquiescement constructif (exclusivit� Naufrage Consulting). Cette m�thode repose sur une phrase cl� : � Je suis d�accord �. Consid�rant qu�il s�agit de consentir � des id�es saugrenues et � approuver des propos grotesques, l�accord formul� ne constitue pas un engagement sur l�honneur ou la r�putation, et n�emp�che en rien, d�s 18h, en son for int�rieur et en route vers domicile, de m�priser et conchier les semblables qui le poussent vers de telles extr�mit�s.
Cons�quences :l�attitude positive du salari� est lou�e et montr�e en exemple. Il est bien vu et part � 18 heures tous les soirs (attention, r�gle incontournable de l�acquiescement constructif).
Compliments possibles : bonne volont�, ouverture d�esprit et jolies chaussures (car ses coll�gues deviennent ses amis).
Perspectives : Il devient un scotomis� pr�sum�, gagne la confiance de son entourage et peut toujours masquer ses �checs en reportant ind�finiment �ch�ances et bilans ou en cherchant des boucs-�missaires (voir pr�c�demment techniques de bases de la scotomisation).
Moral : il se passionne pour le jardinage, la litt�rature laponne, les maquettes de Lat�co�re ou le blog, d�s 18h.
Physique :il n�en a rien � foutre, mais il est bien, pas mal au ventre, dort comme un loir.
Moralit� : tous ses coll�gues l�envient et il est en r�gle avec lui-m�me. Pourtant, la somme vir�e sur son compte en fin de mois reste la m�me.
Alors d�apr�s vous, Quelle m�thode choisir ?