Mon avis surtout

Pour lutter contre l'ennui au bureau, c'�tait le Blog ou les parties de D�mineur. Alors j'ai choisi le Blog... Mon avis surtout est un rendez-vous r�gulier avec mes pens�es plus ou moins profondes sur l'�tat du monde et la coiffure.
monavissurtout@gmail.com

vendredi, juillet 18, 2003

Le sourire

En lisant vos mails d'encouragement et de soutien de ces derniers jours, m�me ceux qui se moquaient de ma grosse boulette, j'avais vraiment la banane et la conviction d'�tre comprise. Je vous remercie du fond du coeur.

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mardi, juillet 15, 2003

Fait chaud, non ?

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De ma vision du monde en g�n�ral et de ce blog en particulier

Depuis quelques jours, en contre mon gr�, mes anciens coll�gues sont devenus mes lecteurs. Une partie des brouillons de mes textes a �t� �l�gamment dispos�s sur le serveur, accessibles � tous. L'individu qui a fait cette d�couverte a par ailleurs pris le soin de d�signer � certaines personnes des passages dans lesquels il serait bienvenu qu'ils se reconnaissent. Peu importe qu'il ne s'agisse pas d'eux, peu importe que cela puisse �tre humiliant pour eux qu'on affirme les reconna�tre dans un portrait peu flatteur, l'objectif est de r�gler ses comptes avec moi. A tout prix, y compris en blessant les autres. " Dis donc machin, cet affreux personnage, c'est toi. Tu as vu comme elle est m�chante ? ".

M�chante, oui je le suis dans mon exercice favori : la caricature. C'est cruel la caricature, c'est m�me pour �a que c'est dr�le, sauf pour celui qui est caricatur�. Alors que la v�rit� soit faite : je suis un monstre. Je suis � l'origine de tous leurs probl�mes et je suis coupable. S'ils ont besoin d'un bouc �missaire, et ils en ont besoin pour se d�tourner de leurs vrais probl�mes, que je sois proclam�e " ennemi h�r�ditaire ". Ca soulagera tout le monde et ils auront enfin un autre sujet de conversation que l'humiliation quotidienne que leur fait subir leur chef, et contre laquelle ils ne peuvent rien. Ca ne changera rien � leur propre souffrance, mais �a les soulagera peut �tre un peu.

En dehors d'une ou deux sorties un peu gratuites et r�ellement m�chantes, je suis assez fi�re de ce que j'ai produit pour ce blog. Quelque chose qui s'inspire de ma vie, de mon environnement, de mes amis et de mes ennemis. Mais ce n'est pas ma vie au quotidien. Mes vrais probl�mes et mes vraies joies n'y sont pas, ou si peu par rapport � tous les �pisodes anecdotiques, un peu romanc�s, un peu arrang�s. D'ailleurs, en dehors de quelques faits personnels qui ont servi de point de d�part � des d�lires ou quelques contributions insignifiantes destin�es � donner de mes nouvelles, je ne crois pas que quiconque puisse reconna�tre au d�tail pr�s des moments v�cus ou des individus r�els. Inspir� de la r�alit�, mais pas fid�le. Sinon, jamais ce blog n'aurait �t� dr�le.

Et c'est ce que j'ai le plus souvent voulu �tre : dr�le. Le B�Cravail �tait dr�le, mon vrai travail ne l'�tait pas vraiment. Pas de quoi rire en fait, sinon en tournant en d�rision nos petites aventures. Ma v�rit�, c'�tait une entreprise n�cros�e, une ambiance de merde, des soirs o� je rentrais chez moi en pleurant et le mal au ventre le dimanche soir quand on sait qu'il faudra y retourner le lendemain. Sans oublier une recherche d'emploi chaotique qui chaque jour me faisait un peu plus douter de moi. Mais plut�t que de me lamenter sur mon sort, j'ai voulu transformer cette �preuve en quelque chose de positif. Et j'y suis sans doute parvenue, car j'ai trouv� dans le blog une satisfaction personnelle, celle qui me manquait professionnellement pendant tous ces mois. Vos chaleureux encouragements ont d'autant plus r�sonn�s que je recevais peu de louanges pour mon travail.

Une chose que j'ai �crite est vraie : mon blog a �t� une bou�e dans un triste oc�an sans rivage. Pas de perspective, un syst�me scl�ros�, que des contraintes, que des d�ceptions. Face � �a, mon blog a �t� ma trousse de survie. Les autres n'en avaient pas ou plut�t, ils se sont content�s de ressasser la r�alit�, la revivant toujours plus douloureusement, sombrant dans l'aigreur. Moi j'ai choisi de la transcender, de la magnifier, en rendant ridicule et dr�le ce qui �tait juste path�tique et p�nible. J'ai l'air de me jeter des fleurs. En fait, je ne sais pas si j'ai r�ussi tout �a, mais �a m'a fait du bien d'essayer.

Alors �videmment, ce blog n'�tait pas fait pour ceux qui partageaient mon quotidien qui l�gitimement ne peuvent pas comprendre mon entreprise. C'est d�j� pas marrant pour eux alors forc�ment, s'ils ont l'impression qu'on se fout en plus de leur gueule� C'est pourquoi presque personne ne connaissait l'existence de ce blog, m�me parmi ceux pour qui j'avais une r�elle sympathie. Mon blog, c'est un projet personnel qui n'a rien � voir avec mon travail. Deux mondes qui ne devaient pas se rencontrer. J'ai merd� en oubliant de supprimer des fichiers, et rencontre frontale il y a eu.

La seule personne envers qui je me sens coupable est mon ancienne responsable, qui bien qu'elle n'ait jamais rien inspir� de comiques dans ces lignes peut franchement se sentir trahie, penser que je lui ai menti en permanence et que je me suis jou�e d'elle. Je me mets � sa place je n'appr�cierais pas qu'on m'ait dissimul� de tels sentiments. Dans la r�alit�, j'�tais largement passive par rapport aux �v�nements, et dans mon blog si ironique dans ma vision du monde. En fait, mon ironie �tait mon arme plus que le reflet de mes sentiments profonds. Moi qui voudrais tant que tout aille toujours bien autour de moi et que tout le monde s'aime, je suis une �ternelle d��ue de la r�alit�. Alors, cette triste r�alit�, je pr�f�re lui cracher � la gueule que de lui cirer les pompes.


Il est clair que deux ou trois personnes m'en voudront � mort pour ce que j'ai �crit. Sachant que rien n'est totalement v�ridique, je leur dirais seulement de ne pas trop charger leur barque. A une exception pr�s, et il s'agit de quelqu'un qui d'une mani�re g�n�rale m'inspire peu, je ne d�teste personne chez mon ex employeur. Certains m'ont amus�e, et en grossissant le trait, des faits ou des paroles sont venus aliment�s mes histoires.

La preuve en est que beaucoup d'entre vous ont reconnu leur entreprise dans B�Cravail et leur patron dans Juanita Banananovich. Juanita, c'est la figure du patron dans tout le que l'on d�teste chez lui, et Juanita pour moi, est devenue une sorte d'expiatoire. Juanita est inspir� de tout ce que j'ai a entendu de pire sur la dictature dans l'entreprise. Et donc en partie de mon ex employeur qui serait sans doute tr�s flatt� de se savoir si craint et si d�cri�. C'est sa fa�on d'�tre, c'est son fond de commerce et c'est m�me sur la crainte des autres et sur son sens du pouvoir absolu que mon ancien patron a b�ti sa carri�re en partant du bas de l'�chelle sociale. Vous dire que j'adore cette personne serait tr�s exag�r�, mais je dois lui reconna�tre un v�ritable talent pour s'�tre taill� une r�putation, certes ex�crable, mais si �tendue. Ce n'est pas une personne qui laisse indiff�rent et quitte � affronter son patron, autant qu'il soit de ce calibre.

Aujourd'hui, je bosse avec un patron que j'admire et dans une bo�te des plus int�ressantes. Je fais un boulot passionnant dans lequel j'ai envie de m'investir. Croyez-vous que cela m'emp�chera de d�former la r�alit� pour en tirer de quoi m'amuser et distraire mes lecteurs ?

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