Mon avis surtout

Pour lutter contre l'ennui au bureau, c'�tait le Blog ou les parties de D�mineur. Alors j'ai choisi le Blog... Mon avis surtout est un rendez-vous r�gulier avec mes pens�es plus ou moins profondes sur l'�tat du monde et la coiffure.
monavissurtout@gmail.com

jeudi, septembre 12, 2002

Survivance

Bien s�r, hier soir mercredi, j'�tais devant ma t�l� pour le film sur le 11 septembre 2001. Comme annonc�, je ne commenterai pas. Hormis un d�tail. Quand la seconde tour s'effondre, un des deux cameramen est dans la rue et re�oit sur la t�te des kilos de gravas, de poussi�res, de d�bris� et de papier. Il s'abrite derri�re une voiture, prot�g� par un pompier. On distingue alors tr�s bien, au premier plan, des papiers, venant probablement des bureaux des �tages inf�rieurs qui n'ont pas eu le temps de cramer. Imaginer que votre dossier sur les perspectives de ventes 2003, avec vos graphiques Excel, soit la seule trace intacte de la vie d'un building de 110 �tages. Surprenant.

Ce � quoi j'ai imm�diatement pens� ? Si notre entreprise bien aim�e, ce stalag si cher � nos c�urs, avait �t� log�e dans les bas �tages du World Trade Center, tout ce qui serait rest� apr�s l'explosion fatal, l'ultime t�moignage de ce que furent nos existences, aurait �t� une feuille A4 portant l'inscription suivante :
"La personne qui termine le caf� le refait"

Seule survivance de notre activit�, une note haineuse du PaCa datant de 1998 et jaunissant sur le mur au-dessus de la machine � caf�. Quel beau symbole !

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mardi, septembre 10, 2002

Touche � ta nouille
(tiens, c'est la phrase chic de la semaine�)

Peux plus moi. C'est pas que je suis en permanence devant ma t�l�, mais j'ai l'impression que, comme d'ab, les �missions de rentr�e tournent avec 4 invit�s, qui font le tour les plateaux les uns apr�s les autres. Par exemple, dans l'�mission (consternante) de Beigbeder ou dans celle de Bernard Tapie (ouh la la !), le t�l�spectateur a d� subir l'un des �crivains fran�ais les plus m�diatiques, mais aussi l'un des plus consternants : Philippe Sollers.

Perso, j'ai jamais pu le blairer, mais l�, l�, l�����������������������. Pas possible.

Lors de ses deux passages destin�s � vendre sa derni�re et m�diocre production, nous avons eu droit au fabuleux, et tous les jours r�invent�, r�cit de son d�pucelage � 14 ans. L'an dernier, c'�tait 15, l'an prochain, il bandait d�j� dans son berceau, comme Bali-Balo. Et par une professionnelle, s'il vous pla�t (une pute quoi) !

Lui trouve que c'est plus classieux, par une pute. Comment lui dire ? Ca fait, au bas mot, 25 ans que la prostitution n'est plus un exquis encanaillage de bourgeois dont les messieurs de la bonne soci�t� se gaussent dans les soir�es (cause drogue, SIDA, esclavagisme). Non seulement les Maisons sont ferm�es depuis 60 ans bient�t, mais en plus, je ne vois pas en quoi il etait beaucoup plus distingu� de chopper la chtouille au One Two Two avant-guerre que Cours de Vincennes en 2002. De son point de vue, si : les bordels �taient assid�ment fr�quent�s par un certain nombre d'intellectuels � qui ce vieux priapique aurait r�v� d'�tre associ�. Mais, aux derni�res nouvelles, ce n'est pas l'entrejambe qui fait l'�crivain.

Pauvre Sollers ! Il en est rendu, vantard qu'il est, � se targuer d'avoir pr�cocement, en grand expert, reluqu� des femmes d'exp�rience plut�t que des jouvencelles r�tives. Grand bien lui fasse, mais qu'il garde pour lui ses premiers touche-pipi. On s'en fout !

Il se trouve qu'apr�s avoir �t� son fonds de commerce "litt�raire", la fabuleuse histoire de ce qui se trame entre ses jambes lui permet aujourd'hui de passer dans des �missions vulgaires, pour rester propre (comme Jean-Pierre Mocky d'ailleurs). C'est �a ou les Grosses t�tes avec Carlos et Kersauson (encore moins chics).

Car pour passer � la t�l� et vendre tes bouquins, l'id�al de nos jours et de venir causer de ta nouille. C'est �a qui int�resse le public, du moins faut croire, puisqu'on nous en propose � foison. De l'actrice de porno, certes, mais aussi un certain nombre de quidams, persuad�s avoir une activit� zobesque digne d'int�r�t. Or, en dehors de quelques cas hors du commun, rien ne ressemble plus � une zigounette qu'une autre zigounette (idem pour le pilou-pilou). Et m�me en action, except�es (et encore, je n'en suis gu�re convaincue) quelques acrobaties extravagantes, bouillaver reste toujours bouillaver.

Alors moi, le vieil asticot que Sollers se tripatouillait d�j� en bas �ge ou la moule pas fra�che de Catherine Millet o� tout Paris a plus ou moins tremp�, mais alors, je m'en cogne, et surtout, je ne veux pas qu'on m'en parle.

C'est pas contre eux, hein ! Mais globalement, je veux qu'on ne m'entretienne de l'appareil uro-g�nital de personne.

Quant � Sollers, cette surench�re � sa fa�on pour prouver � quel point il est viril, il faut lui dire : c'est path�tique. Monsieur, vu votre �ge, et malgr� votre vantardise, je pense que le gros de vos frasques est derri�re vous. Que vous en parliez avec vos amis, votre famille ou votre concierge, soit. Je trouve �a malsain, mais apr�s tout, il ne tient qu'� eux de vous faire comprendre que votre supr�me qu�quette ne vaut sans doute pas que l'on y consacr�t tant d'�loges. Mais le plus triste encore, c'est que vous vous sentiez oblig� de toujours embellir de r�cit de vos �mois, qui ne sont qu'un trempage de biscuit comme un autre. Car vous �tes, Monsieur, une cr�ature bien banale, qui respire, mange, dort et fornique comme tant d'autres. Cela vous d�pla�t sans doute.

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