Bad tripUne heure du matin, demi-sommeil. Je ne suis pas vraiment consciente pourtant je la sens monter la boule d�angoisse dans tout mon corps. Une sensation horrible de la mort toute proche, comme il ne m�est pas arriv� si souvent d�en ressentir. J�ai du dormir quelques secondes, assez pour cauchemarder � propos de je ne sais quoi d�effrayant et me sentir dans cet �tat d�horreur. J�entends la voix de mon compagnon de week-end au t�l�phone dans la pi�ce � c�t�. Quelques secondes pour me rappeler qui il est et voir d�filer 15 ans de ma vie, de week-end avec des gar�ons, plus ou moins bons souvenirs� Assez pour faire le constat, toujours inconsciente, que je n�ai rien � foutre ici maintenant. Assez pour ressentir l��chec comme un pieu dans le c�ur. Assez pour que la douleur m�envahisse et la peur de basculer juste � cet instant, avec un quasi inconnu, loin de chez moi et des miens. Besoin de secours, je suis toujours dans le sommeil. Une seule id�e, appeler, t�l�phoner � Paris au pti gars du 7 qui pourrait seul me sortir de l�, c�est ce qui traverse mon esprit. Et il me sort d�j� de ma torpeur car je l�imagine � 1h du mat, en bo�te, affal� dans un fauteuil avec champagne � gogo, et cette id�e aussi amusante que r�aliste me r�veille pour de bon. Mais la conscience ne me va pas mieux. Qu�est ce que je vais faire ? Envie de vomir� avec la douzaine d�hu�tres que j�ai ingurgit� cette id�e me semble totalement mauvaise, � �viter, pas faire. Je me vois l�espace d�une seconde aller voir ce gar�on dans la pi�ce � c�t�, qui ne sait pas grand chose de moi, l�hosto en pleine nuit� pour quoi ? Parce que j�ai des scrupules � ne pas l�aimer ? Parce que mes amours se soldent par un �chec, succession de d�cisions h�tives, d�occasions rat�es, d�erreurs de jugement et de circonstances d�favorables ? Non, il ne m�rite pas �a. Je ne peux pas �tre aussi lamentable� Anorexie, boulimie, manque de contr�le, bouffe, alcool, sexe� J�en conclus que je dois revenir tr�s vite � la raison.
Je m�assieds dans le lit, pas vomir, pas vomir� Je respire, je me d�tends, je me reprends. Il passe, me parle en allant vers la cuisine. Je mime l�endormissement. Ca va aller. Ca va passer. Ca redescend.
10 minutes plus tard, j�encha�ne sur une bonne crise d�asthme, un truc que je ne fais que rarement. Heureusement, j�ai ma Ventoline. Heureusement, je n�ai pas gerb�. C�est presque une bonne nouvelle de savoir que je peux choisir ma somatisation en fonction du contexte� Je m�endors, finalement, et me r�veille en pleine forme. Un peu �pouvant�e par ma d�rive nocturne, mais consciente de ma force, ma volont�. Je ne savais pas que comme la drogue, le sexe pouvait provoquer de si mauvaises descentes.