10 ans d�j��poil au bras
C��tait il y a 10 ans, j�arrivais � Paris pour y faire une ann�e d��tude qui d�avance me rebutait. La premi�re semaine, je l�ai pass�e chez
ce gar�on hospitalier, dans l�appartement le plus bruyant dans lequel je n�ai jamais dormi. Qu�on ne jase pas, on ne dormait pas tous les deux... Le 3�me soir, on s�est disput� pour un truc minuscule, et le lendemain, il est parti prendre son RER C en boudant. Quelques minutes plus tard, une bombe a saut� � la station Mus�e d�Orsay et je suis partie en cours en me demandant si je le reverrai entier. Parce qu�� l��poque, seuls quelques rares initi�s poss�daient cet outil technologique de pointe, un (�norme) t�l�phone portable. Ou un be bop. Finalement, il a eu raison de s�cher les cours (surtout un cours de Cor�en, pour ce que �a lui servirait maintenant�)
Puis j�ai r�cup�r� mon studio dans le III�me au m�tro Temple. C��tait petit, froid et calme, mais pour la Grenobloise que j��tais depuis 4 ans, le panorama manquait cruellement de montagnes� d�un truc joli qui ne soit pas une �uvre humaine. Je m�y suis faite � force. Aujourd�hui, on pourrait dire que ce sont mes voisins qui ont une jolie vue, � condition d�aimer les filles qui se prom�nent en petite culotte.
En novembre 1995, j�ai mis 2 semaines avant de prendre ma premi�re carte orange, le symbole de cette nouvelle parisianit� me faisait un peu peur� c�est con. Maintenant j�ai un pass Navigo et si tu ne passes pas le portillon assez vite petit provincial, je vais salement te mater, voir te pousser un peu.
Les premi�res ann�es, je disais � ma patronne � chacun de nos entretiens que je ne comptais pas rester parisienne �ternellement, appel�e par la vraie vie, celle qu'on ne vit qu'en province. La vraie vie, avec des hypermarch�s, des jardins avec des balan�oires et des garages dans les maisons. Et puis elle a cess� de m�interroger � ce sujet, constatant que j��tais toujours l�. Le travail et l�amour m'avaient retenue.
Aujourd�hui, m�me sans amour, c�est un fait, je suis toujours l�. C�est ma maison maintenant.
Pourtant, ils sont nombreux les jours o� j�irais bien voir ailleurs.