Ca y est, il y a des putes devant B�cravail
Quand le B�cravail a d�m�nag�, Juanita, notre chef omniscient et jamais l�, nous a dit : "on part dans un quartier populaire". Fort bien.
Pour moi, un quartier populaire est peupl� :
de familles d�origines diverses, avec des enfants, dans chiens, des chats et des perruches sur les bords de fen�tre,
de m�res au foyer qui font cuire des plats mijot�s qui parfument l�escalier,
d�ouvriers et employ�s,
de retrait�s de la SNCF qui se plaignent de leur pension,
de marmots mal d�barbouill�s qui piquent des bonbecs � la boulangerie,
de boulang�res qui vendent encore les fraises Tagada dans des grands pots de verre,
d�instituteurs syndicalistes qui s�ach�tent des tables de salon en bambou � cr�dit,
d��tudiants post hippies qui cultivent des plantes qui font rire,
de joueurs de PMU accoud�s � des zincs d�o� le Ricard coule � flot,
de secr�taires qui claquent leur salaire chez Zara,
de masseurs kin�sith�rapeutes qui trouvent le quartier pas cher et sympas,
de jeunes couples avec des jumeaux qui pouvaient pas aller ailleurs pour se payer 90m2...
Enfin de pleins de gens normaux, qui n'ont pas des sommes � mettre dans un loyer.
Or, point de quartier populaire en ces lieux, d�j� parce que personne n'habite ici. Les immeubles n'abritent que peu d'habitations, le nouveau quartier de B�cravail �tant d�di� � l'industrie et aux services en tout genre. Oui, vraiment en tout genre.
Car, �a y est, en revenant de d�jeuner, nous n'avons pu que constater la pr�sence de deux "bordeli�res", fort d�fra�chies, devant l'immeuble presque en face de B�cravail. Le genre qui vous fait la passe dans les chiottes sur le palier de l'h�tel crasseux au-dessus du Sis kebab (j'ai pas trouv� le s avec c�dille de l'alphabet turc). La super classe.
D�j�, ce quartier populaire se distingue par la recrudescence de commerces haut de gamme, remarquables gr�ce � leurs enseignes envahies de XXX et � leurs effluves de vieilles graisses de mouton rance. Des junkies (mais pas ceux dont j'ach�te les disques, du moins, je ne crois pas) viennent vomir au pied des arbres, sur lesquels les clodos ont d�j� piss�. Devant B�cravail, �a sent la pisse et le vomi, mais c'est populaire (!!!). Quelle belle vision du Paris populaire et surtout quelle belle vision du � peuple � ! Ces pauvres pissent partout, mais comme ils sont sympathiques ! D�ailleurs, les exhibitionnistes qui s�a�rent la bite dans la rue et les fous qui insultent les passants sont tr�s sympatoches aussi. Populaire, ben voyons ! On ne pouvait pas nous dire � merdeux et mal fam� �. Alors on dit populaire, c�est-�-dire, dans les bons esprits de gauche qui nous dirigent, peupl� de pauvres qui d�gueulassent tout. Mais on leur pardonne, car ils sont pauvres.
Pour tout arranger, B�cravail partage ses poubelles avec des commerces alimentaires. Ce qui a pour cons�quence d'attirer, vers 17 h, juste avant le passage des �boueurs, une faune que nous qualifierons de bigarr�e, qui vient �ventrer les sacs d'ordures et les r�pandre au sol pour trouver de quoi grailler (avant un bon shoot qui les fera vomir au m�me endroit). Comme c'est populaire et du meilleur effet quand tu invites des gens � participer � des r�unions de travail !
Donc, en bas de B�cravail, c�est Calcutta. Moi, je n�appelle pas �a un quartier populaire.
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