mardi 13 février 2007

La vie comme à Périgueux

Ce midi, comme hier, je suis rentrée déjeuner chez moi. La belle affaire pour toi qui vit à Montélimar ou Saint Nazaire… mais pour le Parisien, rentrer manger le midi est une vraie rareté. Et moi je peux, grâce à mon nouveau chez moi à 15 mn de mon entreprise plus que jamais nommée « Fais le avec tes doigts S.A. ».

Telle l’habitante de Périgueux, vers 12h30 je me mets en chemin et je saute dans le bus. Mais sans m’arrêter au pain (trop de monde et j'ai des Wasas). Dans le hall de mon immeuble, je croise la délicieuse Mme Ramirez, qui immanquablement fulmine contre tous ces petits cons de 8 ans qui font de la trottinette sur le joli carrelage, vous vous rendez-compte... Je compatis. A mon étage, je salue la nounou des voisins en plein frichti, je rentre et j’allume la 2, impatiente de retrouver ma nouvelle amie Françoise Laborde (parce qu’Elise Lucet, elle est en cloque). Le temps que chauffent mes MAGNIFIQUES plaques vitro, j’ouvre les factures ou je finis la vaisselle de la veille que mon amoureux et moi avons abandonnée au profit d’activités plus épanouissantes… Je me fais un plateau télé devant le Journal de 13h, que vraiment c’est pas le même que le nôtre, nous les gens du soir. Y’a même une interview molle de gens qui ont le temps, pour des gens qui ont le temps aussi. Tous ces Périgour…dois qui se font une tisane ou mâchouillent un Mentos avant d’y retourner.

J’ai encore le temps de ranger les fringues qui traîne avant de reprendre mon très cher 62, gavée de mémé, tellement affairées qu’elles en ratent "les Feux de l’amuuur". J’arrive au bureau totalement dépaysée et j’ai l’impression de commencer une nouvelle journée.

Pas comme un connard de Parisien.

Tout bonnement étonnant.

vendredi 9 février 2007

En passant le Rio Grande

Contrairement à Bézu, à qui on rend ici un vibrant hommage, je suis toujours de ce monde. Bien que le retour du Mexique fut difficile, hagarde lundi matin sur la ligne 6 à Nation. Trop d’un coup.

Le Mexique est un pays plein de Mexicains. Et, au risque de paraître malpolie, je dirais franchement que le Mexicain n’est pas joli. D’abord, il est large, ensuite, il n’a pas de cou, enfin, il a le profil Maya, ce qui n’est pas facile à porter avec une chemisette à fleurs et une casquette Nike.

Le Mexique où j’étais est également plein d’Américains des USA. Et, au risque de sembler acariâtre, je dirais que l’Américain des USA symbolise parfaitement le déclin de l’humanité. D’abord, il est (évidemment) obèse, ensuite, il est détestable avec l’autochtone mexicain, enfin, il ne tolère à l’étranger que ce qui est strictement conforme à son chez lui (le cheeseburger et la Bud Light dans des bars de fans de Base Ball).

Le Mexique est aussi un pays où on peut se taper 2 Coronas pour 20 pesos (soit 1,50 euros) dans la chaleur moite d’un lieu cosmopolite.

Le Mexique est également le pays des Mayas, Toltèques et autres indiens méchants mais de bon goût, vu qu’ils ont collé des pyramides à eux au bord de superbes plages. Aujourd’hui, on n’y décapite plus personne, mais on peut passer des heures sur un énormes matelas en se tapant des pina coladas à gogo. Décadent et délicieux. Parfait pour une déclaration d’amour à son tendre Guide du Routard bilingue.

Le Mexique est encore le pays d’un coucher de soleil assourdissant de chants d’oiseau sur la place centrale de Valladolid.

Le Mexique est déjà un très bon souvenir.

Par contre, je ne peux plus sacquer les nachos.

jeudi 25 janvier 2007

Les trucs incroyables de la semaine


- Grâce à mon Tajine de chameau aux suaves dattes du désert, je vous révèle un scoop : les véhicules de fonction étant considérés comme une extension du site de travail, il sera interdit d’y fumer à partir du 1er février, sous peine d’amende. Oui, ami VRP, la gauldo du bonheur ce sera désormais sur le parking du Campanile.
- Grâce à ma copine qui entretient un zoo à son domicile, je vous informe qu’un hamster peut être allergique aux poils de chat. Ca lui apprendra à faire se côtoyer dans sa cuisine des espèces incompatibles dans la nature. Pour le hamster, je conseille 1/40 de Zyrtec le matin.
- Grâce à un copain d’études revu cette semaine, j’informe les trentenaires peu attentifs que les dits copains de fac, ben ça fait maintenant 15 ans qu’on les connaît (putain...).
- Grâce à cette délicieuse semaine où rien ne fonctionne et tout fait chier, je vous informe que je suis plus heureuse que jamais de me casser 8 jours au Mexique avec un gars qui présentement mange des figues en pyjama à carreaux devant Rocky IV (et qui salue Erwan au passage, si je peux rendre service en même temps).

jeudi 18 janvier 2007

L’exil le plus doux

Il y a tout juste 3 ans, je me faisais la malle. Je quittais précipitamment, et sans laisser d’adresse, mon lieu habituel de résidence et surtout son autre occupant, pour chercher refuge chez qui voulait bien m’accueillir pour une durée non déterminée.

Les années se suivant sans se ressembler, je campe chez mon tendre Briouat d’amour aux épices depuis 3 semaines. C’était ça ou le canal Saint-Martin, mais comme ma tente Quechua est à la cave entassée avec tout ce que je possède, j’ai préféré migrer dans le XIème. Un véritable exil qui me conduit à traverser Paris matin et soir alors que je suis l’heureuse propriétaire d’un mini-mignon appartement à 2 pas de mon travail que j’aime énormément, surtout mes collègues. Sauf que l’appartement ne sera vraiment mignon que quand il sera complètement retapé et depuis des semaines, il est blanc comme neige de poussières et de tâches de peinture sur les bâches. Quant à mon appart d’avant, il s’est trouvé une autre locataire.

En raison du léger retard pris par la complète rénovation des lieux, il a fallu se résoudre à une migration complète : mes affaires à la cave, mes meubles sur la terrasse, sous bâche, et moi chez mon Homme bleu de désert chéri au sucre. A l’autre bout de Paris, au 6ème sans ascenseur et à proximité d’un Franprix où l’on ne peut strictement rien acheter pour un dîner un peu trendy, le genre apéro de bourgeoise comme j'aime.

Bref, de quoi se sentir mal dans ses baskets, même si ce sont de jolies Nikes mi tweed que j’ai eu en soldes.

Même pas. On file le parfait amour, on rentre le soir, heureux de se retrouver et on se fait des petits dîners grâce au mini-four que je lui ai cédé. Oui, rendez-vous compte si je suis grave in love, je lui ai donné mon four, durement acquis quand j’ai posé mes valises dans le XV il y a 3 ans, et surtout durement ramené de Darty en équilibre précaire sur mon caddie à roulettes. Pratiquement ma chair et mon sang, mais en four-grill programmable, qui fait aussi bien les rosbeef que les toasts.

Au lieu de se mettre sur la gueule, on se manque quand on ne se voit pas. Pourtant, j’ai des piles de fringues partout et lui laisse traîner ses chaussettes. Je mange du fromage qui pue (toasté) le matin et lui oublie des vieux bouts de poulets dans l’évier. Bref, des trucs insoutenables, mais pas quand on s’aime. Ou quand on sait que ce n’est plus que pour quelques jours. C'est sûrement ça.

mercredi 10 janvier 2007

La candidate et le croissant *
Ce blog ramène enfin du scoop

Ce matin, j’étais dans le bus en train de dorm… de rejoindre mon joyeux lieu de travail. Je tournais mollement la tête vers le dehors bourgeois de la rue de Solferino, lorsque le 69 (c’est le numéro du bus, bande de dégueulasses…) s’arrêta au feu rouge. Stoppée juste devant la devanture de la brasserie « Le Solferino », mon attention fut attirée par l'un de mes anciens profs, membre du PS, qui passait par là, et comme d’ailleurs je l’y vois très souvent, je me demande s’il ne passe pas toutes ses journées à faire des allers-retours dans la rue de Solferino, dans l’espoir de rencontrer quelques ténors qui pourraient lui faire gravir les échelons du parti.

On reconnaîtra en moi la crypto-mitterrandienne assumée, mais c’est d’abord Jean-Louis Bianco et sa tignasse grise que j’ai remarqué derrière la vitre. Assise en face de lui, ELLE ne tarda pas à recevoir des mains empressées du garçon une tasse fumante et un croissant. ELLE vida dans la tasse un sachet de sucre et touilla mollement. Son faciès de madone jet-laguée n’exprimait rien d’autre que la langueur d’un petit matin d’hiver, doux et gris, tandis que le doux et gris Bianco lui tenait le crachoir. J’étais d’abord la seule à l’avoir remarquée, puis mes voisines de derrière se sont aperçues de sa présence, puis d’autres voyageurs, si bien que quand le bus a redémarré plusieurs d’entre eux l’on saluée. Se sentant sûrement observée, ELLE venait de tourner la tête et répondit par un sourire et un signe de la main. Quand son geste s’est arrêté sur moi, je lui souriais en retour, amusée de la situation, me disant en moi-même : « non Madame, je ne te ferai pas coucou, je suis digne quand même ! »

Je n’ai pas non plus crié : « Allez Ségo, t’auras la peau du nain ! ». C’est pas Madonna non plus pour me faire quitter comme ça ma réserve naturelle…

Après, sûrement qu’elle a mordu dans son croissant. C’est déjà une info majeure que je vous ramène là : la ptet future Présidente mange un croissant le matin. C’est maintenant sûr, elle aura ma voix : une femme qui bouffe des viennoiseries et qui reste mince est douée de super-pouvoirs.

Mais je reste sur une interrogation cruciale : à votre avis, elle trempe ou pas, Ségo ?

* Référence à peine voilée à un bon blog de cuisine…

mercredi 3 janvier 2007

Ouais, bonne année, voilà voilà...

A ben ça commence bien ! A peine qu'on est en 2007, chouette, qu'il me tombe une tuile et que même que c'est cette perfide personne qui me l'envoie.
Comme je ne vais pas passer pour une triple conne dès le 3 janvier, je m'exécute, de bien mauvaise grâce.

Alors : 5 choses incontournables que les gens ne savent pas de moi. Pas facile car je vous en ai raconté des choses depuis bientôt 5 ans, et pas que des passionnantes. Encore que, des trucs que vous ne savez pas, y’en a, mais des trucs que la peu aimable personne qui m’a refilé le bébé ne sait pas, y’en a moins (vu qu’on en passe du temps à commenter la pluie et le beau temps mine de rien).

Ce que vous ne savez sûrement pas :
- J’ai fait pipi sur Daniel Guichard, mais il y a très longtemps
- J’ai un troisième téton, comme Chandler dans Friends
- Parfois, je rêve que je retourne au lycée, que je repasse le bac, et c’est franchement un cauchemar
- Je ne bois pas de café, à cause que ça me tue l’estomac
- Je ne supporte ni la réglisse ni l’anis (sauf la petite graine)

Ce que même mes proches ne savent sans doute pas :
- J’affiche un taux élevé d’albumine dans mon pipi (tiens, encore une histoire de pipi) mais je n’ai jamais compris pourquoi les médecins m’en parlaient d’un air tragique vu que c’est même pas une maladie
- Quand j’étais petite, j’avais peur que mes parents me tuent (maintenant, c’est moi qui commettrais bien l’irréparable, mais ça mon entourage le sait…)
- Je crois que je n’ai toujours pas réalisé la mort de mon grand-père, y’a bientôt 10 ans
- Je commence vraiment à me demander jusqu’à quand je vais écrire ce blog
- Je suis grave amoureuse de mon Sultan des dunes aux yeux de khôl et je n’ai pas l’intention que ça cesse sous peu

Comme il faut que je me débarasse à mon tour, j'exporte : Somebaudy, one point.

jeudi 21 décembre 2006

United colors of bâtiment

Ce matin, réunion de chantier improvisée dans ce qui commence à s’apparenter à un chez moi. Alors que j’attends un livreur de parquet, arrivent le poseur et ses ouvriers. Puis un peintre aussi inattendu qu’incongru puisqu’on l’a dit et redit « jeudi, c’est le jour des sols ». Toujours pas de livreur. Au café en bas, tâchant de trouver chaleur et réconfort, nous voyons se pointer les électriciens, qui se joignent à nos lamentations : « ben si on avait su qu’il y avait une pose de parquet, on n'aurait pas mis les plinthes ». Je reste zen. Point de livreur, mais débarque le plus sexy des directeurs de travaux, mon tendre Loukoum à la suave rose chérifienne. On se retrouve à 8 dans mon petit appart qui n’a jamais connu tant d’attention. Comme on dit connement à la télé, toutes les composantes de la société française sont représentées, c’est ça le bâtiment. Ces composantes là sont debouts depuis très tôt et sont toutes mobilisées sur mes travaux, bizarrement d’ailleurs puisqu’on alors qu’on l’a dit et redit « jeudi, c’est le jour des sols ».

Revenez mardi et surtout, Joyeux Nouyel ! Ouais, le pti Jésus vous donne le lundi.